Voy. t. V, p. 17-18, et de Thou, liv. LIX
2. « J'ai ouy dire à un vieux morte-paye, iJ y a plus de quarante ans, que, quand l'empereur Charles vint en France, on le passa par là pour la délectation de la chasse des dains qui estoient là, dans un des plus beaux et anciens parcs de France, à très grande foison, qui ne se peut saouler d'admirer et de louer la beauté, la grandeur et le chef-d'œuvre de cette maison. » (Brantôme, t. V, p. 18.)
inconvénient de ses parens, les plus grandz de la France, et fussent roys, que trois jours avant on Toyoit crier d'un cry très aigre et effroyable par trois fois ; on tient cestuy-cy pour très vray 4 . Plusieurs personnes de là qui l'ont ouy assurent, et le tiennent de père en filz ; et mesraes que, lorsque le siège y vint, force soldatz et gens d'honneur l'affirment qui y estoient; mais surtout, quand la sentence fut donnée d'abbattre et ruyner son chasteau, ce fut alors qu'elle fit ses plus bautz cris et clameurs ; cela est très vray, par le dire d'honnestes gens. Du despuis on ne l'a point ouye. Aucunes vieilles pourtant disent qu'elle s'est apparue, mais très rarement 2 . »
C'est probablement pendant les loisirs laissés à la cour par les entretiens de Catherine avec son fils que Brantôme fit au château de Chambord une visite dont il a rapporté un souvenir curieux, dénaturé à plaisir par les écrivains qui le lui ont emprunté. Il lui revint en mémoire lorsque, dans son Discours sur les femmes mariées, il eut occasion de parler de l'inconstance des femmes : « Il me souvient, dit-il, qu'une fois m'estant allé pourmener à Chambourg, un vieux
1. Qu'on nous passe ce petit rapprochement : Le 12 mai 1691, le géomètre Varignon crut devoir communiquer à l'Académie des sciences une lettre envoyée de Gaen, où il était raconté que l'on entendait d'une lieue un grand cri « qui sortait du milieu des marais de Reviers (à 17 kil. de Gaen). On l'a entendu depuis les Jours Gras jusques au 15 e après Pâques. » (Procès-verbaux mss. de V Académie des sciences, t. XIII, fol. 61 v°.)
2. T. V, p. 191. La croyance aux fées était encore fort répandue. L'Estoile raconte (septembre 1607) que, lors de l'apparition d'une comète, c la reine l'alla voir, estant à Paris avec le roy, qui, à son disner, parle d'un autre prodige, à sçavoir de fées qui apparoissent en Dauphiné, et s'en fait discourir. i
concierge , qui estoit léans et avoit esté valet de chambre du roy François, m'y receut fort honnestement, car il avoit dès ce temps-là cogneu les miens à la court et aux guerres, et luy-mesmes me voulut monstrer tout ; et, m'ayant mené à la chambre du roy, il me monstra un mot d'escrit au costé de la fenestre sur la main gauche : « Tenez, dit-il, lisez cela, Moo- « sieur ; si vous n'avez veu de l'escriture du roy mon « maistre, en voylà. » Et, l'ayant leu, en grand' lettre y avoit ce mot : Toute femme varie 1 . >
Rien n'est plus simple et plus clair que ce récit : c'est sur un côté de la fenêtre de sa chambre que le roi, avec un crayon ou une pointe quelconque, a écrit de sa grande écriture une sentence tirée peut-être d'une chanson du temps. Brantôme est le seul écrivain du xvi e siècle qui ait parlé de cette historiette, et c'est uniquement d'après lui, quand eut paru son livre Des Dames y que des auteurs du siècle suivant ont raconté le fait, mais en le défigurant d'une étrange façon. Piganiol de la Force, dans sa Nouvelle description de la France 2 y s'exprime ainsi : « On voit, sur un carreau de vitre d'un cabinet qui est près de la chapelle, cette rime écrite avec un diamant, de la propre main de François I er :
« Souvent femme varie, « Mal habil' qui s'y fie. »
Voilà la chambre à coucher changée en un cabinet près de la chapelle, le mot d'escrit transformé en