Testament, t. X, p
tome, était depuis 4554* fille d'honneur de Catherine de Médicis, qui lui légua quatre mille écus par son testament 2 , et c'est probablement à son intervention qu'elle dut la pension qui lui fut réservée sur l'évéché de Périgueux. Elle était d'une humeur gaie, comme le dit son frère dans un de ses sonnets 3 . « Elle a refusé de fort bons partis, » dit-il ailleurs dans le seul passage où il prononce son nom, « et n'a jamais voulu se marier, ny ne sera, tant elle est résolue et opiniastre de vivre et mourir fille et bien aagée, et s'est jusques icy laissée vaincre à ceste opinion, et a un bon aage*. » Qu'elle ait refusé de bons partis, je veux le croire, à la cour on n'était point très difficile sur la vertu des filles à marier, même des filles d'honneur 5 , et je dois dire qu'elle avait très méchante
1. Elle* avait probablement une quarantaine d'années quand elle eut avec Agrippa d'Aubigné une petite prise de bec que celui-ci a racontée dans ses Mémoires : « Un jour, à la cour, estant seul assis sur un banc, Bourdeille, Beaulieu et Tenie, trois filles de la royne, qui toutes trois faisoyent cent quarante ans, le sentons assez nouveau, contrôloyent ses habillements, et, une des trois lui ayant effrontément demandé : a Que contemplé- vous c là, monsieur? • cela en parlant nazard, luy, respond de mesme : « Les antiquitez de cour, mesdames. » Ces filles, plus honteuses, luy allèrent demander son amitié et ligue offensive et deffensive. • {Mémoires, éd. Jouaust, 1889, p. 817) — Il se moque encore d'elle dans la description d'une procession imaginaire. Yoy. le Baron de Fœneste, liv. IV, chap. xni.
2. Voyez son testament dans Y Histoire de la maison d'Auvergne, de Baluze, t. n, p. 699.