‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 192 sur 291 · Que me sert-il, » disait Baïf · texte numérisé non relu

Que me sert-il, » disait Baïf

c Que me sert-il que je suyve Les princes et que je vive, Aveugle, muet et sourd, Si, après tant de services, Je n'y gaigne que les vices Et les bons jours de la court ? •

(Discours sur les louanges de la vertu, éd. Marty-La veaux, 1867, t. II, p. 38.)

264 BRAKTÔME

attrayant que célèbre Brantôme, mais près d'elles on voyait figurer une troupe brillante de gentilshommes dont l'élégance faisait l'admiration des étrangers. < Les gentilshommes de France, » disait Polonius à son fils Laërte, « montrent dans leur mise un goût exquis et le tact le plus judicieux 4 . » Montaigne toutefois faisait bien quelques réserves quand il nous parle de c cette desbauche qui se veoid en nostre jeunesse, au port de leurs vestements ; un manteau en escharpe, la cape sur une espaule, un bas mal tendu qui représente une fierté dédaigneuse *. » Et ailleurs, après avoir dit que le reste de la France prend pour règle la règle de la cour, il demande aux rois de réformer bien des choses dans le costume : < Qu'ils se desplaisent de cette vilaine chaussure qui montre si à descouvert nos membres occultes ; ce lourd grossissement de pourpoincts qui nous faict tous aultres que nous ne sommes, si incommode à s'armer, ces longues traces de poil, efféminées..., et qu'un gentilhomme se trouve en lieu de respect sans espée à son costé, tout esbraillé et destaché, comme s'il venoit de la garderobbe... 8 . »

Voici maintenant le portrait d'un galant, tracé par un gentilhomme de province, probablement quelque peu jaloux de la noblesse de cour 4 : < Monsieur du Muguet, courtisan, nous dit-il, ne penseroit pas estre bien venu s'il ne contrefaisoit sa grâce, remaschant

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