Ibid., ch. xliii
4. Les Dialogues de feu Jacques Tahureau, gentilhomme du Mans. Lyon, 1602, in-8«, p. 79-80.
Cicéron. Le meurtre impuni appelait le meurtre, et à l'époque où le droit de vengeance, < cette sorte de justice sauvage, » suivant l'expression de Bacon 1 , semblait être reconnu par tout le monde, Montaigne pouvait dire : < C'est une doulce passion que la vengeance, de grande impression et naturelle 2 . » Brantôme ne laisse pas échapper une occasion de faire l'éloge des vengeurs. Ainsi il se plaint que l'assassinat de Henri de Guise n'ait pas été vengé, tandis que lui, « ce brave filz, se vengea comme il falloit de tout à la Saint-Barthélémy 3 . » Ailleurs, il déplore la mort du fils aîné de M. de Mouy, qui venait de venger sur Maurevert la mort de son père, lâchement assassiné par lui, et qui, après le combat, fut aussi lâchement assassiné par un des satellites du tueur du roi. « Il n'eut le loysir du fruit de la vengeance, sinon que la gloire luy en demeura immortelle après sa mort 4 . »
La vengeance d'un meurtre même involontaire était considérée comme légale, si bien que très souvent l'assassinat restait impuni, tandis que l'homicide par imprudence était châtié. On sait quelle haine Catherine avait vouée à Montgommery. Quand il fut pris à Domfront et amené à Paris, elle montra une joie féroce. Elle voulut assister à son supplice « et fust à la fin vengée, dit L'Estoile, comme dès longtemps elle désiroit, de la mort du feu roy Henry, son mary, encore qu'il n'en peust mais. »
1. F. Bacon, Sermones fidèles, IV, De vindicta. Œuvres philosophiques, éd. Bouillet, 1835, t. III, p. 224.