‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 223 sur 291 · T. VI, p. 61, et plus haut, p · texte numérisé non relu

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la troisième guerre , il ramenait à Angers les compagnies de la garde envoyées en Guyenne. Ses troupes étaient encombrées par une multitude de femmes de mauvaise vie qu'elles traînaient avec elles. Il avait fait en vain plusieurs bandons pour les chasser, mais, voyant qu'il ne pouvait rien obtenir des soldats, il prit un parti expéditif pour assainir l'armée. Gomme on passait sur le Pont-de-Gé, c il fit jetter pour un coup du haut en bas plus de huict cens de ces pauvres créatures, qui, piteusement crians à l'ayde, furent toutes noyées par trop grande cruauté, laquelle ne fut jamais trouvée belle de nobles cœurs, et mesmes des dames de la court, qui l'en abhorarent estrangement et l'advisarent longtemps de travers. Je sçay bien ce que je luy en dis advant et après ; mais, persuadé et pressé d'aucuns de ses maistres de camp, et mesmes de Gossains et capitaines, il fit faire le coup ; et peu s'en falut, si l'on n'y eust mis ordre, que force soldatz, amis de leurs garces, ne s'amutinassent. Du despuis, ledict Strozze s'en repentit fort, comme il me dist, s' excusant sur la pollice qu'il faloit observer * . »

Grâce à cette intimité, et aussi à la supériorité reconnue de son ami, il subit plus d'une fois son influence. Ge fut Strozzi qui le dissuada de se faire chevalier de Malte, d'aller combattre à Lépante, en l'engageant « dans ce bel embarquement de Brouage qui ne servit que de ruynes à leurs bourses. » Ge fut encore lui qui le détourna d'accompagner leur ami La Noue dans sa désastreuse expédition de Flandre.

Des liaisons amoureuses que Strozzi eut à la cour,

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