‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 247 sur 291 · Marguerite habita le château d'Usson de 1585 à · texte numérisé non relu

Marguerite habita le château d'Usson de 1585 à

tables des roys vos frères mieux remplies et garnies de ces beaux metz que la vostre; et ce qui estoit le plus beau et plus à priser, c'est que vous présidiez par dessus et en disiez vostre advis, et donniez vostre sentence par de si beaux et briefz motz, que j'entray en admiration de vous, de vostre sçavoir et beau dire plus que je ne fis jamais. Or, un jour, entre autres discours, que l'on se mit à parler de Jules Ceesar, de ses louanges et de ses beaux faits, vous en prinstes la parolle et l'allastes exalter par de si gentilz et briefz motz qu'ilz pesoient et portaient plus de coups que d'autres en eussent sceu faire. » Ces louanges donnèrent à Brantôme l'idée de traduire en prose les harangues que Lucain met dans la bouche de César et de Pompée avant la bataille de Pharsale, et il les envoya et dédia à la princesse c la merveille du monde l . » Il lui adressa plus tard une traduction d'un fragment du X e livre de Lucain (la Harangue de Cléopâtre à Jules César) qu'il accompagna d'une épîtredédicatoire 2 où il regrettait de n'avoir pu traduire un des livres tout entier, ainsi qu'elle le lui avait commandé, c Mais, depuis deux ans, dit-il, j'ay eu mon esprit si inquietté et si vague de tout enthousiasme que je n'y ay peu tra-

1. Voici la fin d'une oraison funèbre qui laisse bien loin derrière elle les louanges de Brantôme : « Qu'il me soit permis d'espandre sur son tombeau des fleurs que les Muses par mes mains luy présentent ; d'offrir des lys à sa pureté, des roses à sa vertu, l'ombrager tout de palmes, le couvrir de lauriers que le seul parterre de ses vertus me fournira avec plus d'abondance que ne feront toutes les princesses des siècles passez. 1 (Discours funèbre sur le trespas de la reine Marguerite de Valois, jouxte la copie imprimée à Paris. Lyon, 1615, in-8°.)

2. Voy. cette Épistre dédicatoire en tête des deux barangues, t. X, p. 4.

vailler*. » L'épître a été écrite après le divorce de •Henri IV (17 décembre 1599), car elle est adressée à la princesse qu'il ne qualifie plus de reine de France et de Navarre, mais simplement de c reine, fille de France. »

Marguerite sut répondre à ses compliments de la façon la plus gracieuse en lui dédiant ses Mémoires; et la fin de sa dédicace dut singulièrement flatter Tamour-propre de Brantôme : t dette œuvre d'une après disnée ira vers vous comme le petit ours, lourde masse et difforme, pour y recepvoir sa formation. C'est un chaos duquel vous avez desjà tiré la lumière. Il reste l'œuvre de cinq ou six autres journées. C'est une histoire, certes, digne d'estre escrite par cavalier d'honneur, vrai François, nay d'illustre maison, nourry des roys mes père et frères, parent et familier amy des plus galantes et honnestes femmes de nostre temps, de la compagnie desquelles j'ay eu ce bonheur d'estre 2 . »

Voilà la dernière mention que nous ayons trouvée des relations de la princesse et de son fidèle adorateur 3 . Marguerite mourut le 27 avril 1615, dix mois environ après lui.

Outre des tracas qui vinrent à Brantôme au sujet de son abbaye 4 , ses démêlés avec diverses personnes de sa

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