‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 269 sur 291 · Œuvres, in-fol., t. II, lettre 8, p. il · texte numérisé non relu

Œuvres, in-fol., t. II, lettre 8, p. il

gruel, gaigna de grâce parmy le peuple. Il se trouva après deux singes qui se persuadèrent d'en pouvoir faire tout autant, l'un, sous le nom de Léon Ladulfy (anagramme de Noël du Fail), en ses Propos rustiques, l'autre, sans nom, en son livre des Fanfreluches; mais autant y profita l'un que l'autre, s'estant la mémoire de ces deux livres perdue. » Pour le livre anonyme de Guillaume des Autelz, soit; mais il n'en est pas de même des Propos rustiques, qui ont été réimprimés plusieurs fois au xvi e siècle, au xvm 6 et de nos jours 1 . Brantôme, lui, les avait probablement lus, car c'est bien des Contes d'Eutrapel 2 qu'il a tiré, en lui faisant subir une variante, le dicton cité t. IV, p. 9 : l'Homme qui porte lance, etc. Il me semble encore que cette phrase de sa première dédicace (t. I, p. 5) : « Âinsin faict le laboureur qui chante quelquefois pour alléger son labeur, > peut très bien avoir été inspirée par celle-ci : « Ainsi (par leurs chansons) trompent les laboureurs l'opiniâtreté et le plus dur de leur travail, et mieux s'approche l'heure du repos 3 . »

Terminons ce court exposé par le fait suivant, qui peut donner une idée de la façon dont les anecdotes se transmettent et se dénaturent d'âge en âge. Pendant un séjour à Milan, on lui conta « de bonne part »

i. Nous faisans nos citations d'après l'édition donnée en 1842 par Marie Guichard. (Paris, Gosselin, in-18.) Elle contient les Propos rustiques, les Baliverneries et les Contes et discours d'Eutrapel.

Page 1