‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 27 sur 291 · Dressés, élevés. — 2. Qui, qu'ils · texte numérisé non relu

Dressés, élevés. — 2. Qui, qu'ils

sance, comme avoyent fait tous les grands seigneurs du royaume ; mais le pria de prendre ses excuses en gré, en luy offrant et ses maisons, et ses chasteaux, et sa puissance.

c M. le grand prieur, qui estoit la mesme courtoisie, la remercia fort, comme il devoit; et luy manda qu'il luy iroit baiser les mains incontinent après disner ; à quoy il ne faillit avec sa suitte de tous nous autres qui estions avec luy. Nous trouvasmes la marquise dans sa salle avec ses deux filles, donne Antonine, et l'autre done Hiéronime ou done Joanne (je ne sçaurois bien le dire, car il ne m'en souvient plus), avec force belles dames et damoiselles, tant bien en point et de si belle et bonne grâce que, hormis nos cours de France et d'Espagne, volontiers ailleurs n'ay-je point veu plus belle troupe de dames.

c Madame la marquise salua à la françoise et receut M. le grand prieur avec un très grand honneur; et luy en fit de mesmes, encor plus humble, con mas gran sosciego 1 , comme dit l'Espagnol. Leurs devis furent pour ce coup de propos communs. Aucuns de nous autres, qui sçavions parler italien et espagnol, accostasmes les autres dames, que nous trouvasmes fort honnestes et gallantes, et de fort bon entretien.

c Au départir, madame la marquise ayant sceu de M. le grand prieur le séjour d'un quinze jours qu'il vouloit faire là, luy dit : « Monsieur, quand vous ne « sçaurez que faire et qu'aurez faute de passe-temps, t lorsqu'il vous plaira venir céans vous me ferez t beaucoup d'honneur, et y serez le très bien venu

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