‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 274 sur 291 · M»* DE LA FAYETTE · texte numérisé non relu

M»* DE LA FAYETTE

Les nombreux écrivains, biographes on critiques, qui, depuis deux siècles, ont parlé du célèbre roman de M me de la Fayette, se sont toujours bornés à l'apprécier au point de vue littéraire ou psychologique. Quant à la partie historique, qui y tient pourtant une assez grande place, nul, à ce que je crois, ne s'en est encore inquiété.

La Princesse de Clèves, comme M œe de Scudéry le mandait à Bussy-Rabutin, est « un roman des galanteries de la cour de Henri II, » c'est-à-dire un de ces ouvrages pour lesquels on n'a jamais exigé de l'auteur une exactitude rigoureuse, lorsqu'il mêlait des faits et des noms historiques aux fantaisies de son imagination. Amené à relire ce charmant livre à l'occasion de la très intéressante publication de M. le comte d'Haussonville 4 , je fus, dès les premières pages, frappé de la manière généralement assez fidèle dont M me de la Fayette avait représenté et le milieu où vivaient ses personnages, et ces personnages eux-mêmes; et, tout en m'étonnant que Ton n'eût point songé à rechercher d'où venaient les informations qui lui avaient permis de ne pas trop s'écarter de la vérité, je m'aperçus bien vite qu'elle avait eu à sa disposition le plus riche répertoire de faits, d'historiettes et d'anecdotes que l'on possède sur les hommes et sur les choses de la cour de France au xvi e siècle.

La Princesse de Clèves parut en 1678. Or, quelques années auparavant, en 1659, avait eu lieu la publication des Mémoires de Gastelnau (2 vol. in-fol.) par Le Laboureur, qui, dans les Additions à ces mémoires, avait donné de nombreux extraits des manuscrits

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