‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 29 sur 291 · Pour voiler la chose · texte numérisé non relu

Pour voiler la chose

le 6 janvier) , ayant pu assister à un dîner que le nouveau pape offrit aux cardinaux de Ferrare et de Guise, et où il l'entendit vanter la grandeur et* la noblesse de la maison de Boulogne à laquelle appartenait la mère de Catherine de Médicis. Il revint sans aucun doute sur les galères du grand prieur ramenant son frère en France, et essuya dans le golfe de Livourne une affreuse tempête causée, à ce qu'il affirme, par un blasphème du capitaine génois d'un des navires 1 . Il est fort probable qu'il se fit débarquer à Gênes ou sur quelque autre point de la côte 2 ; de là ayant gagné le Piémont non encore évacué par nos troupes, il alla faire la révérence au maréchal de Brissac qu'il trouva sur le grand chemin, en train de procéder au démantèlement de Veillane, et qui lui dit c quasi la larme à l'œil » : « Voylà les beaux chefs-d'œuvre où nous nous amusons maintenant, après tant de peines, de travaux, de despances, de mortz et de blessures, despuis trente ans 3 . »

C'est là le dernier épisode qu'il nous a raconté de son voyage. Bien peu de temps après, il était rentré dans le pays qu'il appelle € la douce France et la bonne patrie 4 . »

1. c Ce blasphème porta si grand malheur que, nous estant engoulphez en cedict goulphe (de Livourne), seize gallères qu'avoit ledict M. le grand prieur coururent grande fortune et cuydèrent quasi toutes périr. » (T. VII, p. 200-201.)

2. C'est près de Gônes que lui arriva l'accident dont nous avons parlé plus haut, p. 17, note 4.

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