IV. Première guerre civile
Nous ne savons combien de temps dura l'absence de Brantôme, mais ce fut probablement dans les premières semaines de 1 562 qu'il retourna à la cour où un spectacle inattendu s'offrit à lui.
Condé, que quelques mois auparavant il avait vu si près de l'échafaud, avait été proclamé innocent (juillet 1561); l'inutile colloque de Poissy avait eu lieu (septembre) , et c'était le roi de Navarre qui y avait fait amener à ses frais les ministres étrangers 2 . On avait publié l'édit de tolérance (janvier 1 562) que le parlement s'était refusé longtemps à enregistrer 3 . € Bien ne voyoit-on à la court que ministres et n'oyoit-on que presches. Je retournois lors d'Ecosse. Quand nous
1. Voy. le très intéressant volume : les Projets de mariage de la reine Elisabeth, par le comte de la Ferrière, 1882, in-18.
2. Il les avait envoyé chercher par M. d'Estourneau, « voisin et bon ami i de Brantôme. — Voyez l'intéressant ouvrage du baron de Ruble, le Colloque de Poissy, 1889, in-8\
3. Catherine, ayant appris ce refus, entra dans une telle colère qu'elle courut immédiatement la poste de Saint-Germain à Paris pour se rendre au parlement. (Cl. Haton, 1. 1, p. 186.)
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vismes ce changement nouveau despmsnostafe despart, nous fusmes bien estonnez 1 . *
Un tel état de choses ne pouvait durer. Les passions religieuses, la faiblesse du gouvernement royal, l'ambition des princes, la tyrannie des Guises, le désir de la revanche d'Àmboise, la rivalité des grandes familles, les haines particulières, les insurrections et les massacres dans les provinces, tout se réunissait pour rendre inévitable et générale une de ces luttes intestines que Montaigne appelle avec tant de raison « une vraye eschole de trahison, d'inhumanité et de brigandage 8 ; » et à toutes ces causes il faut ajouter l'espoir que nourrissait « une infinité de seigneurs et capitaynes de devenir grands, riches et opulens par les guerres civiles 8 . »
La paix de Câteau-Cambrésis, en amenant le licenciement de l'armée, avait jeté sur le pavé des milliers d'officiers et de soldats auxquels « un bandon fait à la cour défendoit de réclamer leurs payes deues et récompenses des services passez. » Ne pouvant supporter ni la misère ni l'oisiveté 4 , ils ne demandaient qu'à reprendre, n'importe dans quel camp, le seul métier qui pût leur donner des moyens d'existence. À ce bandon les Guises ajoutèrent une autre faute. Lorsque, dans les dernières semaines de la vie de François II, ils firent partout