‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 47 sur 291 · Ibid · texte numérisé non relu

Ibid

dues, et pour ne s'en sçavoir ayder qu'en mode brutalle ; et qui pis est, les desbaucher de leur labeur et travail, duquel ilz vivent et font vivre les autres, dont il serait bien employé à telz eslévateurs de peuple et vilenaille, qu'ilz allassent faire les vignes, labourer la terre, et les paysans se mettre en leurs places et tenir leur chaire et leur haut bout 4 . >

Voilà de cruelles paroles, et pourtant, nous le montrerons ailleurs, Brantôme n'était point c impiteux, * comme on le disait de Goligny, et pouvait passer pour humain à une époque où Ton ne connaissait guère la pitié. C'est à la vue de toutes ces misères que La Noue s'écriait douloureusement : « Ce sont nos guerres pour la religion qui nous ont fait oublier la religion. » Que de fois, en des temps plus rapprochés, a-t-on pu dire la même chose de la liberté !

Ce qui prolongea cette première guerre et surtout celles qui suivirent, c'était la plus étrange des théories sur les bienfaits qu'elles apportaient avec elles, et que Brantôme, chez qui, comme chez ses contemporains, le sentiment de la patrie n'existait pas, s'est chargé de nous énumérer, quoiqu'il avoue c que la guerre intestine et civile ay l'estime d'estre la plus cruelle de toutes 2 . »

Pour disculper l'amiral d'avoir été, par ses prises d'armes, la cause « de la ruyne et pouvretté de la France, » il raconte qu'il entendit une fois dans la chambre de la reine mère deux grands personnages,

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