Ardelay, qui a eu d'autres fois cognoissance
De ce grand Dieu d'Amour qui noz cœurs fait aimer, Et qui t'a d'autres fois bravement fait aimer, Pour le faire valoir soustenant sa puissance,
Alors qu'il nous fallut partir de nostre France, Qu'un saint désir de Dieu nous fit mestre sur mer, De ces armes d'Amour nous falut désarmer Pour n'estre plus sujet à son obéissance :
Ast'eure puisque Dieu nous donne bon retour Il ne se faut pas rendre ; et poursuivre l'Amour Il faut mieux que jamais : vous êtes trop honneste.
Aussy, pour être vray, je croy que les beaux yeux D'une Charansonnet vous rendront amoureux Et vous mettront assez de martelz en la teste.
et de biens, c déclaration qui étoit, dit-il, observée fort estroictement et rigoureusement. Il nous fallut cacher et rompre tous les fusts de nos belles harquebus que nous y avions porté, et les empaqueter qu'on ne les vist plus 4 . >
U était à la cour lorsqu'eut lieu, au mois de juin 4567, une scène curieuse entre le duc d'Anjou et le prince de Condé, que l'ambition aveuglait depuis qu'aux premières guerres civiles il s'était vu t quasi commander à la moytié de la France. > Il convoitait la lieutenance générale du royaume et avait gagné son grand-oncle le connétable de Montmorency, qui avait déclaré ne pas s'y opposer c si le roi la lui vouloit donner. > Mais Catherine, prévenue, avertit son fils, c Elle l'emboucha et l'instruisit si bien (et Dieu sçait de quelle main et bouche de bonne maistresse!), qu'un soir en la salle, que ladicte royne souppoit à SainMiermain-des-Prez, il me souvient fort bien que, M. le Prince y estant venu, Monsieur le prit et le mena en un coing où il parla bien à luy, et des grosses dentz, comme on dict, et le reprit de son outrecuydance d'oser et vouloir prétendre sur la charge qui luy estoit deue, et que, s'il s'en mesloit jamais, qu'il l'en feroit repentir et le rendrait aussi petit compagnon comme il vouloit faire du grand. Tant d'autres propos luy dit-il (car il le tint longtemps) , que nous n'oyions point, car nous autres, qui estions à luy, nous nous en tenions de loing; mais nous voyions bien qu'il luy
parloit de hautes parolles et de grandes bravetés
Nous vismes bien aussi M. le Prince tousjours descou-