‹ Brantom̂e: sa vie et ses écritsChapitre 93 sur 291 · T. III, p · texte numérisé non relu

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vert et parler doux, à son geste. Et la reyne, ayant achevé de soupper, ce jeu se desmesla qu'elle sceut bien au long par M. son filz, qu'elle en ayma davantage, et puis de M. le Prince, qui en fit quelque plaincte, mais elle ne s'en soucya i . >

C'était en effet une grande hardiesse à celui qui, quelques années auparavant, avait été le chef de la première guerre civile, d'adresser pareille demande à un prince à qui la charge de lieutenant général fut donnée quelques mois après. Mais l'ambition de Gondé était sans bornes, c Je cognois son humeur, » disait un seigneur de par le monde, c S'il a mis une fois le nez dans ceste petite forme d'empire, jamais il ne s'en despartira et troublera toujours la France pour entretenir sa grandeur 2 . >

Deux mois après cette scène, la nouvelle que le duc d' Albe amenait d'Italie dans les Pays-Bas une armée qui devait traverser la Lorraine s causa parmi les protestants une émotion très vive, c Je le sçay pour estre lors à la court, > dit Brantôme. Ce furent eux qui les premiers demandèrent au roi et à la reine de figure une levée de Suisses pour déjouer les projets que le duc pouvait avoir contre la France, c disans que c'estoit la coutume d'armer toujours les frontières lorsqu'on voyoit son voisin s'armer. On ne peut ignorer

1. T. IV, p. 344. Suivant Brantôme, le ressentiment de Gondé à la suite de cette querelle fut une des causes de la Journée de M eaux, qui eut lieu à la fin de septembre : c Ge que beaucoup ne sçavent pas, dit-il, et la couvrent sur la religion, comme faict M. de la Noue, car possible ne sçavoit-il pas ce que je vis. » (P. 345.)

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