‹ Brascassat, sa vie et son œuvreChapitre 8 sur 115 · Ricois, élève de MM. Bertin et Gros · texte numérisé non relu

Ricois, élève de MM. Bertin et Gros

L'étude peinte de Brascassat fit une impression saisissante sur les habitués des concours de l'École. Cette étude d'ormeau (^), faite en six jours, était brossée de main de maître, et respirait un parfum de naturalisme étonnant, surtout en tenant compte des conditions d'isolement et de rapidité dans lesquelles cette peinture avait dû être faite. Pour nous, qui suivons depuis cinq ans le jeune peintre bordelais dans ses nombreuses excursions, le succès qu'il venait d'obtenir au début du

(') Le sujet était : a Des bergers faisant des offrandes à la déesse Paies, » déesse des pâturages et des troupeaux. La statue de la déesse est sur un » socle, à Tombre d'un orme.... »

concours ne peut nous surprendre, et mes lecteurs seront bien moins surpris encore lorsque j'aurai divulgué tout le soin que Brascassat apportait dans Tétude des arbres. Cette révélation démontrera d'une manière bien évidente avec quelle scrupuleuse attention le jeune artiste observait la nature.

Parmi les vieux papiers qu'Hippolyte Bagou avait remis à Brascassat, j'ai retrouvé quelques feuillets épars sur lesquels sont des croquis d'arbres à la plume ou au crayon, croquis accompagnés de notes descriptives. Ces pages sont de l'adolescence de notre peintre, comme le prouvent le caractère de l'écriture et la naïveté de leur rédaction ; mais elles dénotent un esprit bien observateur : le chêne, l'orme, le charme, le peuplier blanc, le hêtre, le bouleau, le lierre, le buis, la mousse même, sont décrits minutieusement. C'est un véritable petit traité de botanique, à l'usage des paysagistes; je vais en citer deux exemples : « Le lierre. — » Arbrisseau grimpant ; il s'attache presque à tous les )» arbres... et beaucoup aux vieux murs; la feuille varie 2> un peu pour la grandeur: elle est d'un vert foncé et » très luisant, et comme polie, de manière qu'elle réflé- » chit les objets qui l'environnent, comme un miroir. » A l'ombre, elle devient d'un ton gris bleuâtre, à cause

)» du ciel Le dessous de la feuille est plus gris,

» moins foncé et moins poli; elle est toujours verte, en » été et en hiver. Sa racine prend dans l'écorce des » arbres et surtout dans la mousse qui vient aux pieds, y> dans les joints de pierre, et vient très bien dans les » rochers. Qu'y a-t-il de plus joli dans une ruine que

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