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» des murs tapissés de lierre qui tombe en guirlandes » et ressort en clair sur le fond ? Quelquefois les troncs » d'arbres en sont tout couverts. Il y a du lierre par- D tout ; sur les bords des fontaines et dans des endroits » élevés. — Je crois qu'il vient dans tout terrain.
» Le bouleau est Tarbre le plus léger de tous et le » plus joli; son feuille est un graine grisâtre, sa feuille » ressemble pour la forme à celle du peuplier ; il vient » assez gros et surtout long. La lige ne se divise pres- » que pas, ce qui fait qu'avec moins de grosseur qu'un » autre arbre, il monte aussi haut. Les plus gros que » j'aie vus à Fontainebleau sont de six à sept pieds de » circonférence. Il vient beaucoup dans les bois de » hêtres et de chênes, et, en le plaçant avec goût, on » peut en tirer un joli parti.
» Ruisdaël en a mis quelquefois dans ses tableaux, » mais il ne les a pas prodigués comme Berlin. Il faut » en mettre peu, parce qu'il est maigre d*effet? son » tronc est très blanc, ce n'est pas par le lycin (sic), » comme le hêtre, mais par son écorce, qui l'est réel- » lement. »
Et plus loin, Brascassat nous donne la raison de ces notes écrites : « Les notes que l'on fait sur les plantes » ne suffisent pas pour les peindre ; il faut en faire des » études particulières, et les notes servent ensuite pour » les placer dans un tableau, dans un endroit qui leur » convient, comme, par exemple, si j'allais mettre des » joncs avec du buis sur une montagne; ce jonc, qui est )) une plante aquatique, ne serait pas à sa place, et ce » serait une très grande faute que l'on ferait ; — cepen-
D dant j'en ai vu avec du buis, mais c était le buis qui i> avait changé de place. Pour les ai^bres, la même chose : » je désignerai le terrain, le climat, s'ils viennent sur » les montagnes ou dans les plaines. On doit voir luti- » lité de bien examiner ces différentes choses, et pour » mieux s'en rappeler, on doit, comme je veux faire, » écrire sur tout : les effets de lumière pour les plan- » tes, etc., etc.; ça pourra m'ètre très utile, et lorsque » j'en aurai fait beaucoup (de notes), je les mettrai par » ordre. Je n'ai pas besoin de rechercher toutes les » plantes, seulement les plus apparentes et les plus y> jolies pour un paysagiste ; les plantes et les arbres )> qui varient suivant les saisons ou les climats. Alors, » je laisserai du papier blanc en bas ou à côté de la », note, et chaque fois que je verrai un changement, je » récrirai et j'en donnerai la cause. Je ferai des obser- » valions pour toutes sortes de choses, pour la qualité » des rochers, leur couleur, leurs plantes favorites, etc., » pour tout ce qui a rapport au paysage. »
Aussi Brascassat ne se contente pas d'annoter les effets de lumière sur les plantes, le caractère particulier des arbrisseaux et des arbres; mais il transcrit sur place les grands spectacles de la nature : le soleil levant, le clair de lune. Enfin, parfois il décrit les scènes de la vie champêtre. Son petit livre de notes reproduit toutes les particularités de la moisson, qu'il accompagne, en marge, par les croquis des outils qui servent à battre le froment. Il n'oublie pas non plus de parler des costumes villageois et des physionomies naïves et rubicondes des paysans. A ce propos, il écrit les réflexions
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suivantes : « Personne, comme Téniers, n'a rendu ces » scènes (de paysanneries) si joyeuses et si intéressan* » tes. On lui reproche trop d'exagération dans l'imita- » tion de la nature ; mais pourtant, lorsqu'on l'examine » bien, on sait beaucoup mieux l'apprécier. »
Ces citations démontrent combien Brascassat s'était préparé sérieusement au concours, quelles réminiscences puissantes il devait avoir en loges ; mais elles nous prouvent surtout son caractère observateur et consciencieux.
Maintenant que l'on connaît ces particularités sur la jeunesse de Brascassat, personne ne peut être étonné des qualités exceptionnelles que présentait son étude d'arbre et la place honorable qu'il obtint dans l'ordre des admissions définitives.
Le Sl5 avril, la section de peinture de l'Académie royale des Beaux-Arts donna, aux élèves admis à concourir pour le prix de paysage historique, le programme suivant : La chasse de Méléagre (*) .
Avant de rappeler les divers incidents de ce concours, revenons un peu sur nos pas, -et disons sommairement ce que Brascassat avait fait depuis son arrivée à Paris.
(*) Ce tableau se trouve au Musée de Bordeaux, sous le titre : Mort du sanglier de Calydon, — « Diane, offensée que Méléagre eût négligé de lui » faire un sacrifice, envoya un énorme sanglier ravager les forêts d'Êtolie. » Méléagre rassembla les chasseurs et les bergers pour tuer le monstrueux » animal, et la fille de Jasius, roi d'Ârcadie, la jeune Âtalante, dont Méléagre » était amoureux, se joignant à la troupe des chasseurs, eut l'honneur de » blesser la première le sanglier furieux. Mais renversée par l'énorme ani- » mal, Atalante allait périr, lorsque Méléagre se précipita sur le monstre et » le terrassa. » {CcUaiogue du Musée de Bordeaux, par MM. Lacour et J. Delpit, 1855, p. 63.)
Son livre de notes, en cet endroit, est des plus laconiques ; il n'est question que des Académies qu'il fit chez Suisse (ancien modèle), de sa réception à TÉcole des Beaux-Ârts, où il obtint la cinquante-deuxième place, et des esquisses faites au Louvre, d'après les grands paysagistes hollandais. A ce moment Brascassat s'était adonné plus sérieusement à l'étude de la figure, et recevait les conseils de M. Hersent, nouvellement élu membre de l'Institut («).
Les vieilles futaies de Fontainebleau furent aussi visitées, et je soupçonne fort que c'est le Bas-Bréau qui lui a fourni le motif du tronc de hêtre brisé placé au premier plan de son tableau de loge.
Vraiment, quand on considère l'énergie, l'entrain, le brillant de l'exécution de cette toile, on ne peut croire que son auteur fût d'un tempérament maladif, et que ce premier tableau, peint avec la surexcitation ou plutôt la fièvre qui s'empare ordinairement des concurrents au prix de Rome, était cependant l'œuvre d'un jeune convalescent que l'on transportait parfois à l'École des Beaux-Arts (*) .
Enfin, le 3 septembre, date importante dans la vie de notre peintre, eut lieu le jugement du concours. Le
(1) Hersent (Louis), né à Paris en 1777, élève de Regnaolt, membre de rinstitut le 33 juin 1832, nommé, par ordonnance du roi, professeur de TËcole des Beaux-Ârts le 17 mars 1825, et mort à Paris le 2 octobre 1860.
(*) Au moment du concours, Brascassat tomba malade. A peine remis et convalescent, il était transporté à l'École des Beaux-Arts dans une chaise à porteurs, enveloppé dans des couvertures. C'est en reconnaissance des soins que le D' Vitrac (de la famille Marie Brizard, de Bordeaux) lui avait alors prodigués, que celui-ci reçut du jeune artiste un petit tableau ayant pour motif la LatUére et le pot au lait.
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résultat de ce jugement est resté dans les souvenirs de TËcole comme un des incidents les plus mémorables. A ce titre, il mérite bien que j'en reproduise ici tous les détails. Voici d'abord le texte du procès-verbal de la séance tenue par le jury des Beaux-Arts :
« Jugement du concours pour le« grands prix de paysage
historique.
» Aujourd'hui 3 septembre 1825, la section de peinture de l'Académie des Beaux-Arts de l'Institut royal de France s'est assemblée à dix heures, dans la salle où sont exposés les tableaux des élèves admis à concourir pour les grands prix de paysage historique.
» Deux commissaires font la vérification de la conformité des tableaux avec les esquisses. Ils trouvent qu'en général il y a peu de conformité; l'auteur du n® 4 est surtout désigné comme ayant fait une esquisse tellement vague, qu'il est impossible de juger de cette conformité.
i> Les deux premières questions : Y a-t-il lieu à décerner des prix en général et à décerner le premier prix ? sont successivement posées par M. le Président et résolues affirmativement à l'unanimité. La section procède à l'application de ce premier prix, et, après deux tours de scrutin sans résultat, le n^ 3 obtient, au troisième tour, la majorité des suffrages. M. le Président pose ensuite la question : Y a-t-il lieu à donner le second grand prix?
» Il est décidé, à l'unanimité, qu'il y a lieu, et la section est d'avis qu'il soit adjugé au n® 1.
» On demande, d'une part, que l'on donne encore un second prix, et, d'autre part, qu'on accorde seulement
une mention. Le résultat du scrutin est en faveur de la proposition d'un second deuxième prix, et la section l'adjuge au n» 5.
:» Les motifs de la section dans ce jugement préparatoire sont : Que le n° 3 se distingue par une plus grande fidélité au programme et une composition dans laquelle le caractère historique est bien exprimé; par une exécution large, vraie et bien appropriée à chacun des plans du tableau. Que bien que la principale lumière du tableau offre une. teinte trop rouge, cependant le ton général a de la force et est convenable au sujet ;
» Que le n* i présente une composition agréable qui, par cela, n'offre pas assez le caractère sévère du sujet, par une exécution fine et légère, par une grande transparence de couleur, surtout dans les eaux. Toutefois, la section eût désiré, dans les plans, cette dégradation qui agrandit Taspect d'un paysage et ennoblit même son caractère ;
» Que le n^ 5, quoique manquant d'étude assez sévère d'après nature, annonce les plus heureuses dispositions; qu'il offre un aspect remarquable de grandeur dans les formes, et que les lumières bien concertées concourent à produire un bel ensemble d'effet.
^ La section est, en outre, d'avis de proposer à l'Académie de déclarer que le concours est très satisfaisant. »
«, A une heure, l'Académie entière s'est réunie, et, après avoir examiné attentivement les tableaux des concurrents, elle se forme en assemblée et entend d'abord la lecture du procès-verbal ci-dessus, du jugement préparatoire de la section.
3> Deux commissaires, nommés pour vérifier la con-
formité des tableaux avec les esquisses, déclarent à rassemblée que, bien qu'il y ait dans plusieurs des changements, ils ne paraissent pas devoir donner lieu à une mise hors de concours, si ce n'est le n^ 4, qui offre trop peu de conformité pour que le règlement ne lui soit pas appliqué (*).
» On forme le scrutin à cette occasion ; il est décidé que le n^ 4 soit mis hors de concours.
» M. le Président pose ensuite la première question : Y a-t-il lieu à des prix ? Elle est résolue affirmativement à l'unanimité. La seconde question : Y a-t-il lieu de décerner le premier grand prix? est avec la même unanimité résolue affirmativement.
3 Le scrutin est en conséquence formé pour l'application de ce prix, et le n"" 3 obtient la majorité des suffrages.
:& L'auteur de ce tableau, M. André Giroux, de Paris, âgé de vingt-quatre ans et demi, élève de M. Alphonse Giroux, son père, est proclamé..
]» M. le Président consulte l'assemblée sur la question de savoir s'il y a lieu de donner le second grand prix. Le résultat est unanime pour l'affirmative.
» Le second grand prix est ensuite décerné au n» 1 , de M. Brascassat, de Bordeaux, âgé de vingt-un ans, élève de MM. Richard et Hersent.
> Les deux propositions d'une mention ou d'un deuxième second prix sont mises aux voix et au scrutin. La majorité des suffrages est pour le deuxième second prix, qui, ensuite, est adjugé par l'assemblée au n*" 5, de M. Gibert (Jean-Baptiste), né à la Guadeloupe (Pointe-à-Pître), âgé de vingt-trois ans, élève de M. Lethière.
(>) D'après la liste des admissions, le n» 4 était Roqueplan (Camille).
» La proposition de manifester la satisfaction du con--
cours est mise aux voix et adoptée par rassemblée à
Tunanimité.
» Gros,
» Président.
» QUATREMKRE DE QuiNGY,
» Secrétaire perpétuel.
» Bn>AULT, Cartellier, Desnoyers, Dupaty, Galle aîné, Garnier, Hersent, Ingres, Lemot, Le Sueur, G"°° Lh-
THIÈRE, lilEYNIER, RaMEY, TaRDIEU, TaUNAY, C. ThB- VENIN, VaUDOYER, VeRNBT (*). »
Ce jugement ne fut pas accepté par ropinion publique. Bon nombre d'amateurs et d'artistes se prononcèrent en faveur de Brascassat, et l'unanimité des élèves de l'Ecole protesta bruyamment contre la décision du jury. Jamais peut-être, depuis l'institution des concours de Rome, manifestation plus vive n'avait eu lieu, et jamais de la vie de notre peintre il ne se fit plus de bruit autour de son nonx; les ateliers, les journaux, le monde des arts, s'étonnèrent et s'émurent du choix de l'Institut. Une voix générale donnait le premier prix à Brascassat. Aussi, quand vint le jour de la distribution des couronnes, des protestations violentes éclatèrent sous la coupole du Palais-Mazarin ; puis des cris enthousiastes et des bravos tumultueux saluèrent par trois fois l'appel du second prix.
Dès le jour même, cette scène avait un grand retentissement dans Paris; on en parlait à la ville, on en parlait à la Cour, comme le prouve ce passage des
(>) Extrait du « Registre de l'École royale et spéciale des Beaux-Arts, commencé le i*^ février 1-838. » Pas de chiffre de pagination. Au dos est écrit : « 1828 à 1829 — F. »
Annales de la Littérature et des Arts, t. XXI, p. 281.
« Madame la duchesse de Berry arrivait de Saint- Cloud ; on lui dit que l'élève de M. Richard avait mérité le second grand prix de paysage, qu'il pouvait peutêtre aspirer au premier; aussitôt elle se rend dans la salle même, où les couronnes venaient d'être distribuées; elle examine, elle étudie les ouvrages exposés, et son goût lui fait bientôt distinguer celui qu'on la signalé à sa bienveillance. Aussitôt elle revient chez elle, va chez son auguste père, et, la justice d'une bonne cause lui inspirant tout ce qu'elle doit faire et dire, elle détermine Sa Majesté à accorder au jeune Brascassât la récompense de ses heureux essais. »
Cette citation ne suffit pas pour conserver le souvenir de l'événement que je rappelle; il est nécessaire que je reproduise encore quelques extraits des journaux de l'époque, soit de Paris, soit de Bordeaux; et pour ces derniers j'en éprouve une véritable satisfaction, car si plus tard j'ai malheureusement bien des raisons d'être sévère sur l'indifférence de mes compatriotes, je dois leur tenir compte de l'intérêt qu'ils témoignèrent au jeune Brascassât, et des démarches très honorables qu'ils firent afin d'atténuer les conséquences du jugement de l'Institut.
Pour cela, reprenons la situation de plus haut. Le 13 septembre, le Mémorial bordelais publiait un article de vive critique sur les causes de l'insuccès relatif de Brascassât ; cet article se terminait ainsi : « Quoi qu'il en soit des suppositions qu'a pu faire naître le jugement de l' Academie de peinture, auxquelles nous devons rester com-
pléteraent étranger, nous espérons que Raymond surmontera ce qu'a de pénible, d'amer, le sentiment d'une injustice; qu'il regardera comme un ample dédommagement les éloges du public i l'opinion émise par les journaux et les suffrages de la majorité des artistes. S'il nous est permis d'émettre encore un vœu, nous souhaiterons bien ardemment que le gouvernement accorde à ce jeune bordelais, honneur et appui de ses vieux parents, le titre de pensionnaire de l'École de Rome. Déjà cette faveur a été faite à plusieurs seconds grands prix, et jamais elle n'aura été plus heureusement dispensée; sous le ministère de M. Laine, Monvoisin (^) a joui d'une pareille exception ; il la justifie ,tous les jours. Nous n'hésitons pas à prédire que Brascassat est appelé, si les portes de la Villa-Médicis lui sont ouvertes, à nous consoler de la perte de Michallon (*) , et à marquer sa place au premier rang des peintres dont s'enorgueillit la France ! »
Le lendemain, 14 septembre, un autre journal de Bordeaux, V Indicateur, qui n'était pas alors l'organe du parti auquel appartenaient la plupart des amis de Brascassat, publiait à son tour quelques réflexions qu'il faisait suivre des mots : Article communiqué. Voici cet article :
« Un de nos jeunes concitoyens vient encore de se
placer sur les premiers rangs de l'Ecole française, et
(>) Monvoisin (Raymond-Auguste-Quinsac), né à Bordeaux en 1793, mort à Paris en 1860, peintre, élève à Bordeaux de M. Lacour père, et à Paris de Pierre Guérin; il obtint te second prix de Rome en 1820, mais il fut néanmoins envoyé en Italie comme pensionnaire du gouvernement.
(') Michallon (Achille-Etna), né à Paris le 22 octobre 1796, mort dans la même ville le 24 septembre 1822. Il fut le premier pensionnaire de Rome pour le paysage historique.
prouver de nouveau que notre cité commerçante sait faire germer en son sein tous les genres d'illustration. M. Brascassat, dont l'Académie s'est empressée de reconnaître le talent en lui adjugeant le premier second grand prix de paysage historique, s'était déjà distingué au milieu de nous par des essais qui décelaient en lui la chaleur d'une composition vive, originale et riante, unie à l'amour de l'étude, malheureusement affaiblie depuis quelque temps par une santé fatiguée, suite ordinaire et fâcheuse d'un travail trop sérieux. C'est néanmoins au sein même des souffrances que ce jeune artiste a su recouvrer les forces nécessaires pour se présenter au concours, et recueillir une partie des lauriers décernés au mérite. S'il faut en croire toutefois certains organes de bon goût, M. Brascassat, digne d'un triomphe mieux assorti à son savoir, se serait vu l'intéressante victime d'un aréopage partial Nous ignorons jusqu'à quel point peut aller la vérité d'une pareille assertion; mais tout en respectant la décision de ce conseil de demi-dieux, nous ne pouvons nous empêcher de rappeler à M. Brascassat le nombre des hommes illustres dont un pareil exemple est venu attrister le cœur.
» Au surplus, que M. Brascassat se console par de nouveaux travaux, et des accents prophétiques lui promettent des couronnes d'autant plus glorieuses qu'elles seront moins périssables. »
Revenons au samedi 1***" octobre 1825, jour de la distribution des prix de Rome. J'ai déjà dit combien furent chaleureusement exprimées les sympathies du public
pour Brascassat.
Tous les journaux de Paris rendirent compte de cette manifestation. Je pourrais citer les articles du Frondeur, de V Etoile et de bien d'autres encore ; mais je préfère m'en tenir au compte-rendu de la séance par le Journal des Débats, feuille qu'on ne pouvait soupçonner d'être l'organe d'une coterie turbulente et passionnée, et qui était au contraire la inoins favorable au jeune Bordelais :
tf Les applaudissements ont été distribués avec discrétion, excepté lorsqu'on a nommé l'élève qui a remporté le deuxième prix. Il paraît que quelques personnes qui jugeaient cet artiste digne du premier prix, ont persisté dans leur opinion et ont jugé à propos de ne pas la laisser ignorer aux membres de l'Académie. Trois salves d'applaudissements ont manifesté d'une manière énergique et tant soit peu brusque une protestation contre le jugement dont on venait d'entendre l'arrêt. Simple historien, je n'entre pas dans le fond de la question, je raconte ; j'ajouterai toutefois que l'Académie a si complaisamment donné le change à l'opinion publique par un ou deux dès jugements qu'elle a .prononcés cette année, qu'elle doit fermer les yeux sur ce qu'il y a eu de brusque et d'inattendu dans la conduite de ceux qui ont manifesté avec trop peu d'égards pour l'assemblée une opinion contraire à celle des professeurs (*). »
« Ce triomphe, disait le Frondeur, vaut mieux qu'une grande médaille, mais il ne mène malheureusement pas à Rome! » Bien au contraire, le journal se trompait. La scène de l'Institut fit naître de si puissantes récla-
(*) Journal des Débats, octobre 1825; article signé : Deléculze. Ce critique avait précédemment défendu le jugement de l'Académie.
mations, que, le 23 octobre, le Moniteur annonçait qu'une pension du roi était accordée au jeune Brascassat, qui, la veille, avait reçu la lettre suivante :
MINISTÈRE « Paris, le 22 octobre 1825.
DELAMAlSOIf
DD 101. * ^ ^®* ^^^^ "^^ véritable satisfaction, Monsieur, que
Beanx-Artt.