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7/0 H Vf
MONSIEUR ARTHUR HEULHARD
Mon cher ami,
Souffrez du moins que je vous donne ce doux nom. Depuis longtemps déjà nous faisons route ensemble, et, quoique vous m'aviez précipité dans des aventures où je n'aurais pas dû vous suivre, il m'est resté de notre bon temps un souvenir si chaud que je me sens étroitement lié à vous pour le reste de la vie. Croyez à ma sincérité : si je vous parle ainsi, ce n'est pas que l'intérêt soit en jeu. En effet, vous touchez
VI A ICONSIEUB AUTHUB HEULHARD
à Page où je n'ai plus à attendre de vous i poussées de joie gauloise en faveur de qui j'oubliais vos faiblesses. Oh! les beau* fils que nous étions, quand l'aurore, amie des home vertueux, nous trouvait chaque matin vidant notre verre, — depuis la veille, — à la santé du soleillevant! Mais \«»ici le momenl critique : nos oreille-, jadis tendues au bruit des clairons sonnant la charge, s'emplissenl déjà du bourdonnement des tambours battant la retraite, et si je ne consultais que mon égoïsme, je vous laisserais aller seul à des combats désespén poursuivre, au fil de chansons plus joyeuses, un compagnon plus hardi.
En vérité, je ne sais pas pourquoi nous continuons la vie commune. Il faut que l'habitude soit bien forte! car la fortune ayant décru et l'ambition n'étant point venue, j'ignore l'agrément ou l'utilité que je puis tirer d'un commerce régulier avec vous. Tenez! vous mériteriez que je vous abandonne, pour toutes les déceptions où m'a plongé votre inextinguible curiosité de sensations inconnues, votre poursuite effrénée d'émotions nouvelles.
Dernièrement encore ! Ala recommandation de
\ \l; I lll II III
Influents, i i.iv .lu jury de l'Expo ition eu dans i '1 ■ charcute!
iv/. à bon droit La charcuterie i leur important de la prospérité d i ifflce de juré comme la plus haute expre de la magistrature Indépendante : voua vo étiez préparé par des lectures n >nt
substantielles, à bien remplir vol re de n'opiner sur to çu'après en av
appelé de votre consci Si votre expérien
ainsi qu'il convient. Péj air
de -ravir dont les actions sim
vent être revêtues pour paraître belles. Je me félicitais de vous voir appelé, sans intrign ni bai *j à des expertises i pour
entretenir votre goût et renforcer votre instruction. Au premier aspect, on ne saisit pas le li qui rattache la charcuterie aux belles-letti Mais pour qui a supputé le nombre des suici* que le saucisson et la galantine ont évités : pour qui a fait le compte des larmes qu'une tranche de hure a séchées, des désespoirs qu'une terrine de foie gras a calmés, la charcuterie devient le plus ferme soutien du Parnasse. ,Sous
VIII A ICONSIETJB ARTHUB HEULHARD
le bénéfice de ces réflexions, je m'étais entraîné, et j'avais bouclé nia valise. Pourquoi faut-il
qu'avant la date fixée à votre entrée en fonctions, un printemps prématuré, défavorable nia conservation de certains produits, ait nécessité la constitution immédiate «l'un Comité de salut public pour les viandes, beurre, fromage, volailles et charcuterie? 0 contretemps fatal! Vous aviez l'intention de dégager votre responsabilité des décisions prises hors votre présence ; mais vous avez été arrêté par le désir de ne point troubler des délibérations qui cesseraient d'être dignes si elles cessaient d'être calmes, et vous n'avez point protesté. Il n'en est pas moins vrai que vous n'avez pas siégé. Comment voulez-vous que je l'explique à vos contemporains? On croira toujours >que vous avez été récusé dans la section de charcuterie à l'Exposition d'Amiens, et c'est moi qui supporte le contre-coup de cette déchéance. C'est moi qu'on aborde dans la rue avec mille questions embarrassantes : « Que vous est-il donc arrivé à l'Exposition d'Amiens? Vous avez donc eu quelque chose avec vos collègues? D'où vient que vous n'avez pas pris part aux opérations du
A MONSIEI il \i: i m R HE1 LH uih i\
juin t Enfin qu \ a-t-i] .Lâcha I .
effluves ' La fermentation ' l ta ne me croira pa .
Eh bien, alors que j'allais encore le doc bai — paria <l<i La charcuterie! — vous aviez déjà relevé Le front el Bongiez à mettre plusieurs préfaces en tête des Bravos ei Sfifflets* Vous m'avez dit : « Allez quérir des préfaces. Je n'en accepte rai pas moins <l<i cinq, et à la condition qu'elles viennent de personnalités en vue. L'unité de préface <*st la cause du discrédit dans Lequel ce genre «'-t tombé, il en était de même pour l<i monde. L'unité L'avait mis bien bas : mais comme il s'esl relevé depuis la pluralité!... Donc, cinq préfaces en moyenne! Courtes, si vous pouvez réussir à les avoir courtes; longues, s'il n'y a pas moyen de faire autrement: en prose, si on se montre froid; en vers, si on s'entlamme; sous forme de dialogues ou de lettres, si on donne dans le ton familier; en volapûk, si on veut profiter de l'énorme tirage des Bravos et Sifflets pour vulgariser cette langue : comme il vous plaira enfin ! »
Quelle corvée, mon cher Heulhard! Il me semblait qu'on s'était dégoûté des préfaces, autant par l'inconvénient de les demander que par
I A MONSIEUR A.RTHUB HEULHARD
l'ennui de les lire. ( le n'esl pas votre avis, el n'ayant pas réussi à roua convertir au mien, je vous transmets le résultai de mes démarch
Vous m'avez recommandé de m'adresser à des personnalités éminentes, à quelque titre que soit. Je devais tout d'abord sonnera la po hospitalière de M. Francisque Barcey. Qu'on le
aille ou non, M. Barcey <ist l'unique dispensateur de la réputation en France : tout vivant et bien vivant qu'il soit, il a l'autorité d'un ancêtre, il accapare l'influence critique du présent, il rend les arrêts de la postérité. Il est lu Temps avec et sans italiques. Cette considération vous rendra particulièrement précieuses les lignes suivantes, qu'il a bien voulu coucher sur le papier pour vous faire plaisir :
«J'avais juré la tête sur le billot que jen'écrirais plus de préfaces pour personne, pas même pour mon ennemi le plus intime. Paris est plein de jeunes écervelés qui croient à l'efficacité d préfaces. Avec toutes les scènes à faire que je suis obligé de trouver à la place des auteurs, je n'ai pas une minute, on le conçoit, pour ces sortes de choses. Il faut croire cependant que ces jeunes gens tiennent à leur idée : j'en ai
A m; \l; l lll l; Mil i.ii \ M
envoj é quelques uo >uter la U
r< idéon : mais \<>\ ei comme la convention
forte! lia Boni revenus chez moi le lendemain!
l'n 111.it ï 1 1 de cet lii\ er, j'étais en train de me chauffer au coiu du feu vous de^ ez Bavoir qu il ne fail pas chaud l'hii er), q uand ma bonne me rem il la carte d'Heulard.
J'eus une hésitation : j<i Buis un peu brouillé avec les noms, il m'en est tant pas a la
plume. Houlard ! Houlard ! J'aurais mieui aimé autre chose, mais enfin je me dis : S peu! Boulager Huilard <l«i me voir, allons-y ! Je ne L'avais pas vu depuis des années. Ali ! mes amis, quel changement ! Oel Haulard, que j'avais connu pétillant comme une mousse de champag Le ne/ à L'évent, L'œil vif, il n'avait plus aucun rapport avec ce que nous entendons, nous autres, par la donnée première. 11 n'y a pas a dire mon bel ami, à mesure qu'on avance en âge, on vieillit. Après les commodités de la conversation, il m'expliqua son cas, qui ne laisse pas d'être un peu embarrassant. Dame, vous savez, on a bien envie de refuser, mais on i pas. Une préface! Ah! s'il se fut agi d'une conférence ! Dans une conférence on dit ce qu'on
Ml A KONSIEUH ARTHUB BEULHARD
veut, el même rien quand on n'est pas en train
(ressenti. '1 es1 d'être en communication avec son public , mais daus une préface, v,i te faire Lan iaire! Et puis Le livre qu'on présente au Lecteur peul être très mauvais : ce que j'en 'lis n'est 'point «lu tout pour décourager Hulard.
Qu'est-ce que vous voulez que je vous dise d'Eulard? Ce garçon fait comme tout le monde, il essaye de se tirer d'affaire. Mon Dieu ! je ne demande pas mieux qu'il arrive! Il est venu déjeuner quelquefois chez moi où on est très bien : — admettons ce postulat — seulement il faut être exact, il faut être là à onze heures. De mon côté, je suis allé déjeuner quelquefois chez lui, quand il demeurait rue Condorcet : ce qui m'a le plus frappé, c'est qu'à onze heures il était encore au lit. 11 avait bien de la gaieté cependant, malgré les huissiers qui saisissaient dans les pièces à côté. Comment! m'écriais-je, en citant Virgile : potes sub hoc casu ducere somnos, peuxtu dormir sous le coup d'un tel péril? Depuis cette époque, je crois qu'il a travaillé, mais je n'en suis pas sûr. Il a fondé des revues qui ont disparu; de Tune d'elles j'ai eu l'occasion d'imprimer qu'elle était morte faute d'abonnés, mais
I MON ni A m; nu r. m. i lu \nh mu
i.uii s'en faul que j'aie chercher 6 ! I luh-
[ard 'i &j é en dii ei em e je ne
réponds pas qu'il j ail réu jsi. il lui manque
que QOUS appelons, \ i m - cl moi . I,i COD viel i"ii :
par exemple, il n'aura jamai 'lu feuil-
leton en douze colonnes. Néanmoins il a tenté de s'ouvrir une voie: continuera- t-il? je l'ignoj
il ;i fait une quant Lté déjà respectable dé 1 î % : que je n'ai pas lus. el .j'- ne lirai pas davanta celui-ci. mais comme à le bien prendre, Heu- Ihard est un garçon sympathique, je vous 1<" recommande toul de même.
M. Francisque Sarcey esl le chef reconnu de l'école du bon sens.
Après l'avoir chaudement remercié des p. éloquentes qu'il consacre à votre jeune renommée, je suis allé chez M. Stéphane Mallarmé dont vous ambitionnez le suffrage. M. Stéphane Mallarmé occupe une place à part dans le cénacle des poètes contemporains; il produit peu, mais ce peu est décisif. Sans avoir abusé de la réclame, il est parvenu à la gloire en brûlant l'étape de la notoriété. Son œuvre, composée surtout de fragments, est disséminée dans des recueils rares. On a su l'y découvrir, et, quoique
\IV a K0NSIE1 i; Ali'IlHJ; HEULHARD
M. Mallarmé Q'ail quasiment rien fait, il est aujourd'hui célèbre. Comme poète, il s'envole du premier coup très haut, mais il D'est pas de
ceux qui aspirenl à descendre du laite où ils soni montés; M. Mallarmé ne redescend jamais. Familier «lu firmament, c'est le seul homme qui puisse regarder le soleil en face, sans baisser les ycu.x. Ce privilège aidant, d'autres seraient d'unehumeur massacrante. Au contraire, M. Mallarmé redouble de modestie, et tel est son détachement des choses dici-bas qu'il ne cherche même pas à se faire comprendre.
Je lui exposai que vous aviez lu de lui un sonnet étourdissant récemment paru dans une revue, et que vous étiez impatient d'en avoir un semblable pour vos Bravos et Sifflets.
Il a accueilli votre proposition de la manière la plus affable; c'est un homme très doux, comme sont ordinairement ceux qui n'attachent pas d'importance aux verbes.
Le lendemain, il m'écrivait ceci :
« Monsieur,
« Vous m'avez demandé un sonnet qui serrât de près le sujet du livre, sans accorder trop à
\ à m: \ l; i m i: mi l.ll \lth \ \
l'auteur. J'espère que vou Q€ rel ra nch à celui-ci :
L in mi \ POLAIRE
/ I t soleils couchants moire au I du pôle
l n rayon sibyllin i>i *in d'am
i lu qu ■ les ours blancs à la j iule
s mdent la nud té d leurs m ambres blafard .
/ vent /' isse, ameutant les touvenirs haga\
l>r fantômes p il \ emporti \ vers l • m
Ou meurt l'apothéose, avec des cris fpars
De cerf qui brame au bois ou d*ang n*a '/>/> miaule*
Ahl verrons-nous un jour --- grimoire hercul
Des Ed s uléen —
Le lit d'amour où gtt la glace spasmatique ?
Entendrons-nous jamais le baise
Pouf le pôle du Sud, amant vertigin iur.
Marbre le front stupide et l mrd du p Me arctique?
Je m'apprêtais à m'excuser de mon insistance auprès de M. Mallarmé et à lui témoigner votre gratitude, lorsqu'une seconde lettre arriva :
Monsieur,
A la réflexion, le sonnet que je vous ai adre hier m'a paru un peu plat dans l'ensemble et
beaucoup trop transparent dans la conclusion:
\iv a M0N8IE1 li ai; THUH HEULHARD
M. Mallarmé n'ait quasiment rien fait, il est
aujourd'hui célèbre. Comme poète, il s'envole du premier coup très haut, mais il n'esl pas de ceux qui aspirenl à descendre du faîte où ils sont montés : M. Mallarmé ne redescend jamais. Familier du firmament, c'est le seul homme qui puisse regarder le soleil en face, sans baisser les yeux. Ce privilège aidant, d'autres seraient d'unehumeur massacrante. Au contraire, M. Mallarmé redouble de modestie, et tel est son détachement des choses d'ici-bas qu'il ne cherche même pas à se faire comprendre.
Je lui exposai que vous aviez lu de lui un sonnet étourdissant récemment paru dans une revue, et que vous étiez impatient d'en avoir un semblable pour vos Bravos et Sifflets.
Il a accueilli votre proposition de la manière la plus affable ; c'est un homme très doux, comme sont ordinairement ceux qui n'attachent pas d'importance aux verbes.
Le lendemain, il m'écrivait ceci :
« Monsieur,
« Vous m'avez demandé un sonnet qui serrât de près le sujet du livre, sans accorder trop à
\ • il: \l: l III l! III i lll \iiii \\
l'auteur. .l 'espère <|n<' vo\ ' ra Qch
à celui-ci :
L m mi \ POLAIRl
/ nr des soleils couchant I !
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t là que les ours blancs à la | iule
s \ndent la nu / urs membres blafard .
i vent /' isse, ameutant l *s souvenirs haga !>,• fantômei vers l • m
Oit meurt VapolhéOSe, OVCC des Ci
i> ■ cerf qui brame au bois ou d'ang tra gui miaule*
Ah! verrons-nous un jour - grimoire hercul
Des Edem léen —
Le lit d'amour où glt la glace spasmatiq
Entendrons-nous jamais le ' xeux
l > > , ' du Sud, amant v •/// jin -u r. Marbre le front stupide et / mrd arctiqu
Je m'apprêtais à m'exeuser de mon insistance auprès de M. Mallarmé et à lui témoigner votre gratitude, lorsqu'une seconde lettre arriva :
Monsieur,
À la réflexion, le sonnet que je vous ai adre hier m'a paru un peu plat dans l'ensemble et
beaucoup trop transparent dans la conclusion:
XVI A IfONSIEUB A.RTHUB HEULHARD
il y ii là une clarté qui a'esl poinl digne d'un poète. Permettez-moi d'y substituer cet autre morceau «l'un accrut plus moderne, et qui rend mieux ma pensée :
L'ÉLÉPH \\T MÉLOMANE
Lr Mardi gras, avec les splendeurs d'un massacre, Dardait sa clameur fauve aux deux invi On eût dit qu'un héraut, irradiant un sacre, Çmpennait lechamp-cles d'émaux auréolés!
Seul, loin du morne essaim des cœurs inconsolés , Dans les jardins d'azur plantés d'un parfum acre, Enchâssant une aurore à ses pas isolés, Le pachyderme allait vers le fier simulacre.
0 vertébré concert! Adipeuse leçon !
Le cor cynégétique éveilla la chanson
Au cartilage obscur que le mystère estompe.
Puis la bête sonore, au charme obtempérant, Irrigua ses regards sur l'horizon mourant Et se surprit, joyeuse, à sonner de la trompe.
M. Mallarmé vous gâte, et ses prestigieux sonnets feront une vive impression sur le lecteur : je suis d'opinion que chacun d'eux équivaut aune préface.
Je songeai ensuite à Sarah Bernhardt, dont la prose au vitriol porte l'effroi dans le camp
| Mm \|; I III U Ml. | I.H MU»
critiques : mais la ( Grande Vertical gerté ces bords. Je an i abattu lux la ( ta ande
Horizontale, je allé voir < loi a Pearl. L'immortalité guette Oora Pearl pour la mettre rang d'Aspasie, de Lais el de Phrj né. ii femmes qui demeurent, à travers le comme une] cristallisation <l<i la galanterie d'un paj s. Telle I lora Pearl, avec le caractère International en plus. Depuis l'apparition v<;moire8l elle appartienl au monde où l'on écrit. ,!«' l'ai trouvée dans les meilleures dispositions à votre endroil : Je lutte, m'a-t-elle dit, je suis heureuse d'apprendre que M. Heulhard Lutte aussi: cettenoble émulation, loin de nous parer, nous rapproche : il est certain toutefois que la lutte ne fortifie pas, dites-le de ma part à M. Heulhard. Franchement, le but de votre visite m'étonne. Je n'ai pas plus de prétention au style qu'à la pudeur ; je n'ai jamais pu acquérir l'un, j'ai depuis longtemps perdu l'autre. Si j'ai publié mes Mémoires, c'est parce que mes fournisseurs me menaçaient de publier les leurs dans les journaux, selon la vilaine coutume d'à présent. Mais depuis cette incursion sur vos terres, je suis retournée à mes chères études.
XVIII A K0N3IEUB ARTHUB HEULHARD
Mon nom Q'esl donc pas une r lation :
ndant, puisque \ nent, je
vous ferai tenir un avant-propos pour le volume de votre ami. - !.«• soir m ime, j'étais L'honneur de déchiffrer les m its suivants i tenus sous pli parfumé :
« Sô! Plen obik vemo lôfik, moni limôdik labols?No li-kanols kômôn?Tikob ofenlen Kômol-od isi. Kimiko ? I ! hâti su tab.
Numob su ol. Klodon dns binom liegik. Kisi desânols? Boncdams kanoms panekôn volapùko. Li vilols golcdôn ko obs ? Ogekomob odelo. Dani, stadols-od beno (1) ».
Je courus immédiatement chez Cora pour avoir des explications. Elle me les a fournies satisfaisantes; elle se prépare jour et nuit à l'Exposition universelle de 1889 par l'étude obstinée
• (1) Pstt I Mon bien cher ami, combien avez-vous d'argent? Ne pourriez-vous pas venir? Je pense souvent à vous. Viens par ici. De quelle façon? Posez le chapeau sur la table. Je compte sur toi. On croit qu'il est riche. Où voulez-vous en venir? Les commandes peuvent ôtre faites en volapûk. Voulez-vous déjeuner avec nous? Je reviendrai demain. Merci, adieu, au revoir. » Cette traduction est littérale, mais dans les cas prévus le sens dépend beaucoup de la prononciation.
\ i i; wtiiii H mi
du volapûk, ipii c i par excellence la lan I de L'indu il pie. Elle renon< e lument à toute
<jnc le \ olapûk, en Bupprima nt les niaient ci le- Interprétations faui relations beaucoup plus sûr< Or, on annonce pour cette année même, l'apparition simultanée de grammaires h de dictionnaires en \ olapûk, à L'usage <l Espagnols, des Italiens, des Porti Russes. D'oti un réveil de vocation chez ( Pearl : elle sentait depuis sou enfance la n site d'une langue universelle, qui se - rail appelée le corapûk. Elle en <ist encore au rudiment, mais elle embarrasse déjà son professeur, sinon par la richesse de son vocabulaire, du moins par la précision de ses questions.
Il ne vous manquait plus qu'une cinquième préface. Pour celle-là les circonstances désignaient M. Edouard Drumont. La célébrité qui semblait fuir cet auteur Ta tout à coup adopté. En un jour, il a fait trembler un million d'hommes Les Grands Inquisiteurs en ont frémi dans leurs tombes. Avant la France juive, M. Drumont passait pour le membre le plus inoffensif de
13 A H0N8IEUH AUTHUB HEULHARD
la Société de géographie parisienne : il B'avance
aujourd'hui dans une gloire à1 autodafé : il entonne en pleine rue des marches an supplice qui donnent la chair de poule aux ûls de Bem.
« Je viens vous trouver, lui dis-je, de la part de M. Arthur Ileulhard... — Un juif! sortez! s'écria-t-il en nie montrant la porte. » J'eus de la peine à lui prouver que vous n'étiez point juif. Il voulait absolument que vous le fussiez : « Alors, reprit-il, je consens à ce que vous me demandez, mais sous la forme épistolaire seulement. » En effet, un quart d'heure après, il me remettait la lettre ci-jointe :
« Monsieur,
« Ce qui ressort de la France juive, c'est qu'il « y a le plus grand intérêt à être juif : la fortune, « les honneurs, les compagnies, les adminis trace tions, le théâtre, la librairie, l'énorme consi- « dération qui tient à la richesse, tout ce qui « constitue la base de la société actuelle est dans « la main ou du côté des juifs. Je regrette pour « vous que vous ne le soyez point, car vous au- « riez trois cent mille livres de rente, au minice mum, et vous iriez en carrosse : vous admi-
\ UONSIKl It \i; I IM M lll'.il.il \i;i»
1 olstreriez une grande Compagnie de chemins
1 de fer ou roua présideriez une puissante ciété de crédit, avec des appointements formi-
( dablea : vous seriez joué but tout
1 édité chez toua Les libraires de race : roua auriez enfin, dans une rille ot L'abaissement »lcs caractères e( l'affaiblissement dea j jugés religieux ont livré L'honneur à l'argent, la vie fastueuse qui conviendrai! à vos goûts dispendieux, il vous était d'autant plus facile de prétendre .'1 Israël qu'avec L'adjonction d'un / final au nom de 70s pèr vous obteniez une désinence d'une indiscutable authenticité. En l'état, tfotrenomd'Heulhard n'a pas de signification : il a une sonorité gothique à peu près dépourvue de crédit. Mais songez au retentissement que le nom dTIeulhardt aurait eu dans la famille juive? Heulhardt!... les millions suivaient d'eux-mêmes ! Il est vrai qu'en revanche vous figureriez dans la terrible table de proscription et d'incinération annexée à mon livre, que vos amis se repasseraient en cachette pour savourer votre infamie. Mais peut-être puiseriez-vous dans les jouissances de la fortune assez de
XXII A MONSIEUR Airnirii BBULHARD
q philosophie pour a dément mes Bar-
ce casmes?Vous Beriez à jamais rejeté du sein h de L'Église, mais peut-être vous en moquezs vous. Vous seriez brûlé en L'autre mon « puisqu'on ne vous brûle pas en celui-ci, mais a peut-être niez- vous Les peines éternelles. De « toutes façons je vous plains de n'être pas juif; « car si vous pensez librement, comme on me « l'affirme, sur Les matières de la religion, vous « n'en êtes pas moins damné, sans aucun des « avantages qui s'attachent à la circoncision. »
Avec cette lettre, me voilà quitte de ma mission, mon cher Heulhard. Il n'a pas dépendu de moi de la mieux remplir. L'essentiel était de vous arrêter sur la pente de vanité commune à tous les auteurs, en vous empêchant de dire de vous-même tout le bien que vous en pensez. Ce but étant maintenant atteint, je vous dispense d'une préface spleenique qu'un pessimiste m'avait promise: depuis que Shopenhauer a découvert que la vie se terminait par la mort, ses disciples sont ravagés d'une tristesse incurable. Vous leur opposez souvent ce trait sublime d'un ancien : « La mort ne nous regarde pas : quand
\ mon ii ' n h. lin n m i in mu» wni
o elle û'esl pas làj qou quand elle
i [à, qous n"> Bomme plu Continuez,
mon cher Heulhard, à réj 1er votre i Le but cette
proposition inattaquable; fuyez les prud'hommes
(pli in foi en i le monde, et quand vo\ tenez- vous toujours «mi gaieté: il n'y a que la morale qui ait l<i droit d'êl re ennuj <ii i tans mes bras, mon cher Heulhard I
Ai; nu 1; IIi;i LHARD.