‹ Breiz-Izel, ou vie des Bretons de l'ArmoriqueChapitre 24 sur 24 · DIVKZ AR TARDOUN. THE END OF TUE VILLAGE FESTIVAL · texte numérisé non relu

DIVKZ AR TARDOUN. THE END OF TUE VILLAGE FESTIVAL

Lorsque les pardons cessant d’être exclusivement religieux, on commença à y exploiter la faim et la soif des pénitents, le plaisir chercha bientôt comme l’intempérance à y supplanter la prière. Les bateleurs, les charlatans accoururent, et le diable quelquefois n’y fit pas moins bien ses affaires que le saint. Sans parler delà danse qui, surtout dans le voisinage de la chapelle, est proscrite comme pompe et œuvre de satan, mais à laquelle, fascinés par l’appel irrésistible du biniou, se laissent si souvent entraîner les pèlerins qui viennent de prier avec le plus de ferveur; sans parler des cartes autre tentation satanique, que tant de Bretons aiment passionnément comme tout ce qu’ils aiment, une foule de divertissements se disputent leur préférence. C’est, d’un côté. Polichinelle dont le Penn-baz italien divertit si fort nos paysans; de l’autre, un nain ou une géante, vers lesquels attire un paillasse, qui a soin de déprécier ensuite les bagatelles de la porte pour exalter les merveilles de l’intérieur. Plus loin, c’est un de ces bruyants et aveugles empiriques qui frappent au hasard de leur bâton le mal et le malade; ou bien encore un diseur de bonne aventure qui pour un sou promet généreusement de belles récoltes et d’excellents maris! Des jeux de hasard appellent ailleurs d’autres dupes. Les chances favorables, qui y sont rares, y font gagner des gâteaux, de la faïence, des miroirs, des couteaux. Tci, cette dernière séduction réunit le.s amateurs de loterie autour

il’un hâbleur infatigable qui, à l’aide d’un bizarre chapeau auquel il donne mille formes plaisantes qu’accompagnent autant de quolibets, les a fait accourir vers son humble boutique, et les y retient par ses cris d’énergumènc et ses promesses non moins magnifiques qu’étourdissantes. Un père gourmande son fils de s’y laisser prendre; celui-ci, pour excuse, lui montre un couteau qu’il aura, dit-il, presque

pour rien, s’il le gagne! — Si ? lui répond le vieillard.

Du côté opposé, un joueur peu chanceux exprime son désappointement d’une manière toute bretonne, en se grattant l’oreille. A son air, on peut jurer que, malgré ses hésitations, il tentera encore la fortune. En attendant, le combat intérieur qiEil se livre l’absorbe au point qu’un chien le salit sans qu’il s’en aperçoive. Un mendiant accoudé sur l’une des barriques qui servent momentanément de piédestal à ce bazar portatif, prend ses aises et donne son avis avec un aplomb digne de cette caste privilégiée qui, en Bretagne, se glisse partout, et partout a sa place.

On retrouve en outre, dans les pardons tous les jeux qu’on a vus ailleurs, la galoche, le palet, la fossette, les boules, les quilles, le tir au fusil ou à l’arbaiêto, souvenirs de l’antique et féodal exercice du papegaut; les jeux de change-part, des quatre coinset du renard, jeux si chers aux jeunes filles, et aux bretons devenus français, et enfin le décollement de l’oie, jeu barbare qui heureusement tombe en désuétude, et n’aurait jamais dû appartenir qu’à l’un de ces peuples qu’enivre de joie un combat de coqs ou de taureaux. Mais nous oublions un jeu ou , si l’on veut, un péché contre lequel les curés lancent avec raison

Ifurs lüudres, et qui ne s’en commet pas moins publiquement dans toutes les letes bretonnes; il s’appelle fouil Jakoi^ et consiste, de la part des paotred, à tâcher de s’eml)arer de noix ou de pommes que les jeunes filles cachent comme un défi, au fond de leurs poches. Le but avoué de l’attaque et de la défense ressemble plutôt à un prétexte qu’à autre chose, et ces assauts brutalement voluptueux ne paraissent destinés ou du moins ne sont propres qu’à laire circuler dans les veines d’une jeunesse qu’ils enflamment, un poison aussi doux que dangereux.

I\Iais le pardon touche à sa fin; les enfants se hâtent de

jouer une dernière partie, et dans celle où figure ici un petit mendiant que poursuit sa mauvaise étoile, son œil liagaid et ses tiaits ciispes contrastent avec le bonheur tranquille d’un jeune et riche paotred que la fortune au contraire s’obstine à favoriser. Quelques femmes , dont la sobriété du reste est exemplaire, boivent, avant de partir, un verre de vin ou de cidre. Elles ont en effet besoin de prendre des forces, non-seulement pour faire une longue route, mais pour la faire faire à leurs maris ivres-morts, ou bien pour s’interposer entr’eux, lorsque la boisson n’a encore que réveillé leur instinct de bêtes fauves, et que la fraternité bretonne a fait place à d’aveugles colères et aux

coups redoublés du Penn baz ! Cependant peu à peu

tout s’écoule, le bruit cesse, et le lieu du pardon, ce vaste rendez-vous qui vient d’être comme le prélude vivant de la grande réunion de la vallée de Josaphat, demain, ainsi

qu'il l’était hier^ C’est surtout a

sera redevenu désert et silencieux, près la grand’ messe que la liasse- B le-

tagne tout entière semble se résumer clans les pardons en c^Tédit, avec cette physionomie si vive et si variée qu’on clierclierait en vain chez les peuples avancés en civilisation ; car Tuniformité est leur type moral et physique : c’est le règne de l’équerre et du niveau. Ici, au contraire quelle diversité, quelle originalité de modes! tour-à-toiir vous passez en revue les habitants de Plougiierneau que leur veste échancrée, leurs braies plissées, leurs jambes nues et leur calotte bleue feraient prendre pour les descendants de quelque colonie grecque; ceux de Roscoff dont les vêtements et le chapeau presque citadins annoncent l’industriel plutcjt que le cultivateur; ceux du basléon à l’habit aux couleurs sombres carrément coupé comme sous Louis XIV; les riches Cornouaillais dont on connait déjà le costume brillant et gai; ceux des montagnes à qui leur pauvreté ne permet que des vêtements de toile grossière ou de berlinge; ceux du faon avec leurs boutons rouges, de Dinol avec leurs habits puces, de Penmarc’h avec leurs gilets étagés, etc., etc. Mais les femmes attirent bien plus encore vos regards par leurs costumes si diversement bariolés. Un volume ne suffirait pas pour peindre tant de modes qui serviraient seules à faire connaître les divisions du territoire. Parmi les plus curieuses nous en mentionnerons deux c|ui sont les deux extrêmes : celles des femmes de Plougastel dont les coiffes portent d’énormes ailes reployées sur elles-mêmes qu’on prendrait pour des voiles enflées par les vents, et celles des femmes de Pont-Labbé qui, sur le sommet d un chignon bien nourri, bâtissent le léger et agaçant édifice appelé Bigouden !

l’AIÎLE.

Le Moulin

Le Four

La première Barbe

Le Brelan découvert

Le premier Marché

La Bataille,

La Fuite

L Autel Druidique

Le Naulïage

La Prière des Pillards

Le Tombeau Druidique

Le premier Amour

Le grand Charroi

Fin du Charroi

La Veillée

La Fête de la Filerie

On tue le Cochon

La Fête des Boudins

L’Aire INeuve

Danses de l’Aire Neuve

La Vente aux enchères après la messe.

La B anuière

Annonce d’un déirichement . . . . .

Les prépara tils

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Le DcjcHincr

Le Travail.

Le dîner des Hommes. • • •

Le dîner des Femmes, • • •

Le Goûier,

Ouverture de la Fêle. • • •

La première Gavotte. • • •

La Lutte,

L’Entremetteur.

La Croix du salut. • • • • •

Le salut des Bannières. • •

L’Offrande.

La Fontaine du Pardon . • •

Le Chanteur de complaintes.

La Loterie.

La fin du Pardon.

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