‹ Brésil, Colombie et GuyanesChapitre 2 sur 39 · CARACTÈRES PHYSIQUES DES TUPINAMBAS · texte numérisé non relu

CARACTÈRES PHYSIQUES DES TUPINAMBAS

Quant à la taille , cette race ne paraissait pas avoir reçu un développement plus considérable que la nôtre; sa force musculaire était supérieure dans certains exercices , et Lery parie avec admiration des arcs immenses des Tupinambas de Guanabara , qu’ils tendaient avec la plus grande facilité tandis que le plus habile archer européen n’eût pu employer que l’arme d’un enfant de douze ans. Comme les indigènes de nos jours, ils supportaient des marches prodigieuses , et ils étaient d’une telle habileté à la nage, qu’ils se vantaient de pouvoir rester plusieurs jours dans l’eau. Bien que le célèbre Péron ait prouvé, en thèse générale, l’infériorité de force chez les peuples sauvages, en les compa-

BRÉSIL

rant à nous , la conclusion de ce savent n’eût pas trouvé ici son application. Je soupçonne cependant que dans un exercice continu , tel que le travail de l’agriculture, ces indigènes nous seraient restés inférieurs, et certains faits pourraient au besoin le prouver. Bien que les Tupinambas eussent la peau cuivrée , il faut que chez quelques individus cette teinte fût très-adoucie, puisque Lery dit positivement qu’ils ne lui paraissaient pas plus basanés que les Espagnols ou les Provençaux. On a affirmé que la race américaine était complètement dépourvue de barbe, et que c’était un de ses traits dfstinctifs. Il y a eu dans cette assertion une exagération singulière. Soit que les Tupis , comme cela a été déjà avancé avec un savant bien connu , eussent conservé quelque chose de la race caucasique, soit que le fait en lui-même ait été mal observé dans toute l’étendue du continent américain, un vieux voyageur, déjà cité, dit positivement : « Si tost que le poil qui croist sur eux commence à poindre et à sortir de quelque part que ce soit , voire jusques à la barbe (*) et aux paupières et sourcils des yeux , ou il est arraché avec les ongles , ou depuis que les chrestiens y fréquentent avec des pinces , qu’ils leur donnent. » Le P. Ives d’Évreux, dit positivement à son tour : « C’est chose bien nouvelle entre eux que de porter les moustaches et la barbe , et nonobstant , voyant que les Français font estât de ces deux choses, plusieurs se laissent venir la barbe et nourrissent la moustache. »

Leurs cheveux étaient noirs , lisses et roides ; leur front était assez développé , et ils ne le déprimaient pas comme les Caraïbes , avec lesquels ils paraissent avoir eu tant d’analogie ; leurs yeux , toujours noirs , semblent avoir affecté bien moins que ceux des Tapuyas la forme mongole, et Lery nous apprend encore cette particularité, qu’au moment de la naissance on leur enfonçait le nez avec le pouce.

(*) Voyez Lery.

« Nos Brasiliens , dit-il, faisaient consister la beauté d’être fort camus. »

Page 1