‹ Bretonneau et ses correspondants, ouvrage comprenant la correspondance de Trousseau et de Velpeau avec BretonneauChapitre 21 sur 94 · DE COTTEREAU A BRETONNEAU · texte numérisé non relu

DE COTTEREAU A BRETONNEAU

« Paris, 19 septembre 1827.

« L’efficacité du chlore se soutient, et parmi les phtisiques que je traite actuellement, deux jeunes femmes sont en pleine voie de guérison. Vous, que j’ai trouvé si incrédule à cet égard, vous seriez bien surpris si un jour vous voyez , grâce à cette nouvelle médication , la phtisie pulmonaire ne plus tuer que la moitié de ceux qui en sont atteints. Je suis loin d’espérer d’aussi beaux résultats; car, pour obtenir du succès, il faut un ensemble de circonstances qui ne se rencontrent pas chez tous les sujets, il s’en faut beaucoup. Mais enfin, si j’arrivais à faire disparaître les accidents chez un grand nombre de malades reconnus évidemment tuberculeux, vous conviendriez que mon opinion cesserait d’être aussi hypothétique quelle vous le paraît aujourd’hui. Ce sur quoi je reviens toujours avec un nouveau plaisir, c’est qu’il n’est personne qui puisse citer, même en plusieurs années, une quantité de succès, ne fussent-ils qu’apparents, égale à celle que je possède depuis quinze mois, et, si je suis le jouet d’une illusion, il est nécessaire d’admettre qu’elle a été bien difficile à reconnaître. Le temps et l’expérience qu’il mène à sa suite pourront seuls nous éclairer sur ce

point. Avez-vous essayé dans votre ville d’appliquer ce moyen ? Votre hôpital , où vous avez toute puissance, pourrait vous donner l’occasion de le faire. Mais, du reste, je crois qu'il serait bien plus sûr de le tenter dans votre clientèle, car les essais dans les hôpitaux sont rarement bien conduits; chez les malades de ville, au contraire , les assistants sont presque tous intéressés à la conservation des individus , et partant , le traitement est suivi avec plus de fidélité et d’exactitude. Si vous vous en occupez, vous m’obligerez bien en me faisant savoir les résultats que vous aurez obtenus.

(( Les fièvres intermittentes donnent- elles cette année? Vous devriez bien essayer comparativement le café, l’artichaut (tiges et feuilles), l’extrait très amer d’absinthe, les alcaloïdes du saule et le houx épineux. J’aurais au" moins des renseignements positifs sur la propriété antipériodique de ces diverses substances, et j’ai bien besoin d’en recueillir pour ma Matière médicale du xixe siècle.

« Envoyez -moi donc votre manuscrit des My labres.

« Adieu, mon cher Maître, je vous embrasse.

« Votre élève tout dévoué. »

TROUSSEAU A BRETONNEAU

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