BRETONNEAU ET JACQUART A TROUSSEAU
longue suite de générations, livrés à la pratique de la médecine ou de la chirurgie. Nommé élève de l’Ecole de santé en 1795 , il fut plus particulièrement lié à cette époque avec MM. Duméril, Guersant, Savigfiy. Quelque temps après, il se retira à Chenonceaux, petit bourg du département d’Indre-et-Loire,; là, dans le voisinage de sa famille, il se livra, en même temps qu’à la pratique de la médecine, à l’étude de l’histoire naturelle et de la chimie.
« L’altération de sa santé le força, pendant près de deux ans, de renoncer à l’exercice de sa profession. En 1805, il employa à la conservation du vaccin la propriété des tubes capillaires. A cette même époque, il rassembla un grand nombre de ruches et s’occupa de recherches sur l’éducation des abeilles. Mais, s’étant bientôt aperçu que le célèbre Hubert de Genève ne lui avait rien laissé à découvrir sur les mœurs de ces insectes, il reprit, aussitôt que le lui permit le rétablissement de sa santé, l’ exercice de la médecine. En 1815, M. le comte de Kergariou, préfet du département d’Indre-et-Loire, le pressa d’occuper la place de médecin en chef de l’hôpital de Tours.
« Mon cher Omar,
« Qui ces détails peuvent-ils intéresser? Le souvenir des loisirs que je me suis trop tôt accordés ne me laisse que des regrets. Vous êtes bien injuste envers ce pauvre M. Viollet; sans intention formelle de ne pas lui répondre, sa lettre sans la vôtre fût restée longtemps à côté de quelques paperasses que je m’abstiens de regarder.
« Dites -moi donc un mot de cette collection de jour-
naux que je voudrais compléter; de ces mémoires de la société de médecine, qui ne se trouvent point dans la bibliothèque de Tours; et surtout dites -moi si vous ne pouvez pas me procurer quelques-uns de ces extraits que je serais si désireux d’avoir. Ah ! si vous saviez à quel point ces recherches sont amusantes ! Est-il indispensable que Frédéric aille lui -même à Paris pour retirer son diplôme, prendre ses inscriptions et revenir ici?
« Voilà, mon cher Armand, ce que j’ai pu obtenir en trois jours, à travers le jury, les malades, les courses à la campagne, etc. etc.; ce que j’ai moi-même depuis deux ans, ce que je ne voulais pas vous envoyer si peu complet , et ce dont il faut que vous vous contentiez sous peine de ne rien avoir.
« Post-scriptum de Jacquart. M. Bretonneau a oublié de vous parler de ses premiers travaux littéraires, de sa traduction de Mascagni, et de sa coopération aux Mémoires de la société médicale d’émulation , tout cela de moitié avec Saclier.
« Déjà des expériences sur les chiens avaient dès ce temps révélé à M. Bretonneau les propriétés vomitives de l’émétique, déposé dans un autre point de l’économie que dans l’estomac ; en parlerez-vous ? Parlerez-vous aussi, en même temps que des tubes à vaccin, de l’adresse avec laquelle il travaille le verre? Si d’autres renseignements ultérieurs vous sont de quelque utilité, disposez sans réserve du plus dévoué comme du plus sincère de vos
TROUSSEAU A BRETONNEAU