LETTRE LXXXVI
DE D U T R 0 C II E T A URETONNEAU1
« Paris . 7 mars 182 i.
« Mon cher confrère ,
(( Je vous prie de vouloir bien remettre le paquet ci -joint à M. de Villeneuve . il contient le livre dont je vous ai parlé.
1 Dutroehet, physiologiste et physicien français, né au château de Néon (Poitou) le 14 novembre 1776, mort à Paris le 4 février 1847.
Fils d'officier émigré pendant la Révolution , Dutroehet mena la vie accidentée de la plupart de ses contemporains; d'abord timonier dans la marine, puis soldat dans l'armée vendéenne, il abandonna la carrière militaire et vint étudier la médecine en 1862.
Docteur en 1866, médecin militaire pendant la campagne d'Espagne, il se retira dans sa famille à Chàteaurenault (Indre-et-Loire) en 1869.
C'est là où il dut se lier avec Bretonneau, et c'est dans cette paisible retraite qu'il commença sur la physique, la physiologie et l'histoire naturelle les études qui ont illustré son nom.
Dutroehet a publié de nombreux ouvrages. La plus connue de ses découvertes est celle qui est relative à l'endosmose et à l'exosmose. — T.
DUTROCHET A BRETONNEAU 47i{
« J'ai consulté mes notes relativement à la faculté digérante des diverses cavités du corps animal, je trouve que des expériences ont été faites sur cet objet par le docteur Emmert ; elles sont consignées dans le journal complémentaire du Dictionnaire des sciences médicales , tome Ve. Le mémoire est intitulé : Sur les changements que certaines substances subissent dans le corps lorsqu'on les introduit dans la cavité abdominale des animaux vivants; j'en ai copié les passages suivants :
« La chair ingérée dans la cavité péritonéale se ramollit « et prend l'aspect d'une substance jaunâtre à demi fluide « et acidulée , qui se rapproche beaucoup du pus par ses « qualités physiques...; en conséquence le péritoine, et « sans doute aussi toutes les membranes séreuses, jouis- « sent d'une certaine faculté digestive qui augmente « beaucoup dans l'état inflammatoire. »
« Vous voyez que cela vient à l'appui de vos observations et de vos idées.
(( Recevez , mon cher confrère , l'assurance de mon amitié. »