‹ Brind'amour operetteChapitre 3 sur 17 · REPRISE · texte numérisé non relu

REPRISE

Aux feux du jour naissant,

Etc., etc.

RÉMY, t'approchant de Kicettc.

Bonjour, manuelle Nicelte.

NICETTE

Ah ! c’est vous, Rémy?

RÉMY

Oui, c’est bien moi; vous avez deviné juste. Comme ça, vous v’ià donc revenue de chez votre beau-frère du village ici près?... 11 s’en fait temps, depuis dix jours!

NICETTE

Mon beau-frère a fini sa fenaison, il n’a plus besoin de moi.

RÉMY

Tant mieux, tant mieux!... Et les foins sont-ils beaux par là-bas ?

NICETTE

A peu près comme ici. (Fume »orüe.)

RÉMY

Tant mieux, tant mieux ! Eh ben ! où allez-vous donc si vite?

NICETTE

Je vas retrouver mon parrain.

Ah! ben oui, votre parrain... il est sorti à la fine pointe du jour avec ses bœufs... Ils sont tous trois en train de labourer, à l’heure qu’il est. Ainsi donc, nous avons le temps de causer un brin, et de parler de l’attache que j’ai pour vous.

NICETTE

Vous m'aimez donc toujours?

RÉMY, *tcc pauion.

Oh ! c’est-à-dire que je m’abrutis à penser à vous tout le jour, et même la nuit quand je dors...

NICETTE

Rémy, les amoureux ne dorment pas.

rémy.

Tiens! pourquoi donc?

BRIN-D’ÀMOUR.

MICETTE.

Parce qu’ils sont inquiets, jaloux... qu’ils ont toujours la puce à l’oreille.

RÉMY

Ce n’est pas les puces qui me manquent. N’ayez crainte : nous allons faire un joli petit ménage. Ça tient toujours, n’est-cc pas? C’est la semaine qui vieut que nous allons nous faire unir : j’ai déjà porté mon extrait de naissance.

Pourquoi votre extrait de naissance?

RÉMY

On me l’a demandé, et on vous demandera aussi le vôtre, parce que, pour pouvoir nous marier, il nous faut d’abord prouver que nous sommes nés. Vous me ferez plaisir de porter le vôtre demain ; vaut mietfic plus tôt que plus tard, puisque vous devez m’épouser. Vous ne vous dédirez pas, au moins ?

NICETTE

Mais non... d’autant que vous êtes le seul garçon du village.

RÉMY

Et vous la seule fille ; ça fait que nous nous sommes choisis, et que nous allons nous marier; sans quoi nous risquerions de rester garçons toutes les deusse. Du reste, tout le monde irouve que ça corde parfaitement : vous êtes berger et moi bergère... ou plutôt c’est moi qui suis bergère et vous berger... enfin, vous comprenez... Pour ce qui est de l’inducation, c’est encore tout pareil : vous avez été à l’école, moi mêmement.

NICETTE

Vous? vous ne savez seulement pas lire.

RÉMY

Oui; mais je suis été à l’école. C’est vrai que j’y suis été qu’une fois, parce que ça m'ennuyait. Mais n’empêche pas que lorsque nous serons mariés, vous allez voir comme je ferai votre bonheur, et le mien avec!

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