‹ Brind'amour operetteChapitre 4 sur 17 · COUPLETS · texte numérisé non relu

COUPLETS

J'content’ra! vos désirs,

Et votre âme joyeuse Aura tous les plaisirs Qui font un’ femme heureuse.

Comm' nous allons nous en donner,

A moissonner !

BRIN-D’AMOÜR.

Do la forêt prochaine,

Chaqu" jour d' la s'maine.

Nous rapportions sur l’ dos De grands fagots.

Pour que j’ sois P plus coquet A la fét’ du village,

Vous m’ f’rez un beau gilet De ce gentil corsage ;

Et puis je vous amènerai Dans le grand pré ;

Là, nous r'gard rons la danse,

Et, sans dépense,

Nicette, vous verrez Comm’ vous rirez 1

A propos, je suis là à roucouler, et j’oublie une commission qu’on m’a donnée. Faut que j’aille tout de suite sarcher la sage-femme pour la Claudine qu’est en train de se propager. Parait que ça presse. (Bmii ta tambour au fond.)

NICETTE, montant au fond.

Qu’est-ce donc?

RÉMY

Ça? je crois que c’est un tambour.

NICETTE

Mais que signifie?.’.. *

RÉMY

Ah! c’est que vous ne savez pas... 11 est de fait que depuis les dix grands jours que vous êtes restée chez votre beaufrère, il s’est passé bien du nouveau, allez!

NICETTE

Quoi donc?

RÉMY

Voici : il paraît que les soldats du roi sont en guerre par ici; je ne sais pas pourquoi... ni russe non plus... On appelle ça une guerre d’intestins... Ça tient à la poule étique. Eli ben! pour lors, on s’est un peu tarabusté près du village, et nous avons, depuis hier, des troupes du roi, des gardesfrançaises. Mais, grâce à Dieu, ils repartiront bientôt.

NICETTE

Tiens, tiens!... Et c’est-y gentil ces gardes-françaises?

* Nicette, Rémy.

rëmy.

Voilà toujours les femmes ! (h l’imite.) C’est-y gentil ?... (a ran.) Soyons fin. (Haut.) C’est très-laid, très-laid, mamzelle Nicette : figurez-vous des gens qui ont de la farine plein les cheveux ; des habits qui Tes coupent en deux, (h indique u ceinture.) Avec ça qu’ils ont encore, pour les serrer plus fort, une espèce de sous-ventrière, ousqu’est'attaché un grand sabre : voilà leur pourtrait. Et maintenant, à revoir, parce

que je suis pressé. (On entend fredonner Brin-d’Amour. Nicette monte au fond.) N

NICETTE

Je crois qu’en voici un?

RÉMY, U prenant par le braa.

Alors, rentrez tout de suite. C’est des gens effrontés, qui jurent, qui pipent, qui boivent de l’eau-de-vie, qui battent les femmes ; enfin, ae vrais diables ! Rentrez, rentrez ! (n la

pousse chez elle, à droite.)

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