LE GRAND EPI BAVARD
Dominant d'un grand pied les froments d'alentour,
S'admirant tout le jour, L n maigre épi perché sur une longue tige
Se croyait un prodige.
Du haut de sa grandeur,
D'un air dominateur, 11 daignait enseigner aux bons épis vulgaires Et son profond savoir et les belles manières.
« Peuple au front alourdi .
Pour ton grand bien placé sous mon sceptre hardi ,
Bénis la Providence D'avoir pour te guider ma force et ma science ;
Pour que puisse en repos,
Exempte de tous maux .
Mûrir, fructifier toute ta ribambelle.
Je veille sur ta foule, ô peuple sans cervelle! Je lui signale au loin et les vents et les eaux .
Je fais peur aux oiseaux, Et lorsque le soleil, mon très vieil ami, brille. Mon ombre est encor là pour ne pas qu'il vous grille.
BRINDILLES i">
Bénissez ! Bénissez Celui que Dieu marqua pour protéger les blés! » Un gamin sur la roule en passant qui trottine Suspendit ce discours d'un coup de sa badine. Et, l'envoyant voler sur le pré du voisin. Purgea de ce phraseur le bon froment divin.
M ou A LE
Je ne veux point la mort des beaux parleurs frivoles Puissent -ils cependant lire mes paraboles.