LE CIERGE CARRE ET LA LAMPE DU SANCTUAIRE
C'était dans un village une très vieille église
Tiède et grise Si l'on n'y voyait pas, entre deux chapiteaux. De quelques grands prélats pendre les vieux chapeaux
Ni la fière cohorte Des tuyaux d'un grand orgue au-dessus de la porte, On v pouvait en paix pour ses défunts prier Sans qu'un pas importun vous y vienne troubler. El que des promeneurs la cohorte amusée Y défile en causant ainsi qu'en un musée : En un mot c'était bien un doux et calme lieu Tout rempli du bon Dieu.
Clignotante Et troublante.
Ainsi qu'un ver luisant Dans un champ .
ÎSe semblant subsister qu'en vertu d'un miracle, I.a veilleuse brûlait devant le tabernacle.
Itll I M) III I.S
l ii gros cierge carré, Ofl'ert à son curé Par une châtelaine Ed neu vaine.
S'étalait vaniteux, Dans ces lieux.
« Triste et pâle veilleuse, Si pieuse Que soit ici ta flamme ou que soit ta vertu. Devant notre Très-Haut, chétive ! que vaux-tu?
Que vaut, lors de l'office, Auprès de ma clarté ton humble sacrifice?
Quand Dieu reçoit mes feux, Les tiens, pauvre quinquet, s'effacent à ses yeux. »
Ainsi dit l'orgueilleux.
Mais Dieu, qui voit les cœurs, et les pèse, et les juge. Qui de l'humble peinant est l'aube et le refuge,
Dieu dit : « En vérité, .l'aime à l'autel celui qui donne sa clarté, Le cierge des Sanctus, le bon cierge fidèle , A la voix du clocher, qui flambe ardent comme elle ; Mais quand se sont éteints et cierges et flambeaux . Quand s'endort mon vieux temple, entouré de tombeaux. Combien à tous ces feux, combien mon cœur préfère La lueur jour et nuit gardant mon sanctuaire!...
Torrents d'amour.
Qu'épuise un jour,
Je vous préfère
Qui persévère !
En vérité je vous le dis.
Mon grand ciel est pour les petits ! ><
Travail ardent du pauvre, ô toi qui sur nous veilles. Toi de qui naît le pain, père de cent merveilles! Comme ces humbles feux par le Seigneur bénis, C'est toi le bon gardien et l'ange du pays.