LA GLACE QUI N'A PAS PEUR DU FEU
l ne glace moitié citron moitié vanille, Parmi d'autres desserts du dîner de famille, Solennelle et guindée et \erbeuse à souhait,
Pérorait.
Autour d'elle, rangés comme une cour fidèle, Petits fours, mendiants et fruits en ribambelle; Pleins d'admiration Pour l'épais bastion.
Tous jusqu'au camembert, à l'haleine un peu forte,
Tous lui faisaient cohorte.
(i Oui ! messieurs, tous vos feux, leur disait ce gros tas. Ou bien tous vos soleils ne m'effrayeraient pas ! Je suis froide, il est vrai; mais pour être de glace. On n'en sait pas moins ce qu'on doit à sa race. Raisins cuits au soleil et macarons au four.
approchez alentour !
Toi. sire camembert, à couler trop facile. Par ma valeur instruit, derrière eux prends la file.
l8 BRINDILLES
Et vous, les ananas, fils de Phébus altier, A mon ombre venez et luttons sans quartier ! On dit que l'étranger, — à le conter je rage . — Patrouilla cette nuit jusqu'en notre parage. Armons pour le combat notre bras de la broche Et soyons tous ici sans peur et sans reproche ! »
Et, tournant tour à tour son côté blanc- vanille Ou son côté citron de nuance jonquille.
Elle allait, elle allait!
Et tant gesticulait Qu'elle s'effondre, hélas! sur sa base incertaine
Comme un fortin de laine!...
MORALE
Depuis que commença la guerre que voici, Que de fiers paladins, ô ciel! ont fait ainsi!