CATULLE MENDÈS
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Lorsqu'on prononce le nom de Chabrier on songe tout d'abord à son exubérante Espaiia ; mais la popularité de cette fantaisie évocatrice de toute l'Espagne pittoresque ne saurait faire oublier tant de pages imprégnées de charme et de grâce : le premier acte de Gwendoline, le délicieux début de la Sulamite
De même, ceux qui ont connu le causeur plein de verve, le chef d'orchestre imprévu, le pianiste fougueusement passionné se rappellent aussi l'homme excellent, sans jalousie, qui me disait d'un camarade que sa modestie m'empêche de nommer : « Celui-là, c'est le premier de tous », et qui, sur la tombe du maître César Franck, prononçait l'adieu si touchant dont chacun de nous a conservé le souvenir.
A une époque où nombre de ceux qui, aujourd'hui, saluent en lui le maître si clair et si français, se souciaient fort peu de ses œuvres, il avait trouvé de solides amitiés dans un groupe de musiciens qui, dès le premier jour, l'avaient accueilli et compris.
Il tenait à leur suffrage, et, lorsqu'il eut terminé le premier
faire entendre. Puis il quitta Paris en me disant : « Tu ne me
« verras plus avant longtemps, je suis malade, et, alors, comme les
« animaux, je me cache ».
Tandis qu'il approchait de sa fin, la gloire, qu'il méritait, venait à lui. Au moins put-il le comprendre , et assister à la représentation de Gwendoline à l'Opéra, où ses amis eurent la grande joie devoir acclamer unanimement celui auquel avaient été, toujours, leur amitié et leur admiration.