LES J F. UNES F I L L E S
Va-t'en par les routes désertes,
Sot voyageur qui ne sais pas Cueillir les lys éclos devant tes pas Ni tremper ta lèvre aux coupes offertes.
Elles s'éloignent le long de la mer, vers la ville que l'on voit au loin.
Une brise heureuse éveille la plaine, Un matin de joie empourpre le ciel, Et c'est fête pour nous, les fileuses de laine, Pour nous, les chercheuses de miel.
Aujourd'hui, mes sœurs, nous serons les reines De la blanche ville aux jardins ombreux, Et nous verrons jouer, dans les claires arènes, Les jeunes hommes amoureux.
H Y L A S , pendant qu'elles s'éloignent.
Folles!... Partons !
Il se soulève, il peut à peine marcher. — Arrivé à l'entrée du sentier il est sur le point de défaillir. — 11 se retient à un arbre. — Il tire un poignard de sa ceinture, coupe une forte branche qui lui servira de bâton. Il s'appuie à ce bâton. Au moment où il va pénétrer dans la forêt, le chant lointain des jeunes filles se perd et l'on entend d'autres voix sortir en chœur du temple des Néréides. — Il s'arrête, se retourne et regarde vers les ruines fleuries du temple.