‹ BriséïsChapitre 42 sur 109 · ACTE II. — SCENE III · texte numérisé non relu

ACTE II. — SCENE III

Violemment :

Mais la tumultueuse mer A brisé mon navire aux écueils de ses îles, Mes compagnons et mes richesses inutiles Ont sombré dans l'abîme amer...

Et quand je reviens n'ayant qu'elle au monde, La vierge Briséïs, mon amour et mon vœu, Plus changeante que l'air et plus fausse que l'onde,

Me préfère un dieu !

Il tombe assis sur la première marche de l'autel. — Briséïs l'enlace, éperdue.

Hylas, ne pleure pas !

Ma douleur?

Parjure, que t'importe

Mon Hylas! mon époux adoré!

Je n'ai jamais aimé que toi! je n'aimerai Jamais que toi! vivante ou morte!

Elle l'étreint avec folie.

Je suis tout entière Ta chose et ta part ; Je n'ai de lumière Que ton regard.

Par toi seul ma fièvre Se peut apaiser ; J'ai voué ma lèvre

A ton baiser.

Et je veux, farouche, N'avoir, noce ou deuil, Que ton lit pour couche Ou ton cercueil.

Elle se relève.

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