ACTE 11. — SCENE II
Mais la mort menaçait ma mère vénérée Et, pour l'arracher au sépulcre noir, Il me faut accomplir la promesse jurée... Oh ! je t'adore, Hylas, mais je fais mon devoir.
H Y l a s , d'une voix brutale.
Quel devoir? En connais-tu d'autre
Que de garder sa foi ?
Ton seul devoir c'est d'être à moi, Il n'est qu'un serment, c'est le nôtre ! Chaleureusement :
Briséis, je t'emporterai !
Sous l'orage, ou le ciel doré, Que les chemins soient bons ou rudes, Pauvres, pareils à des larrons, Briséïs, nous nous enfuirons Vers les solitudes !
Avec une passion qui s'attendrit :
Dis que tu le veux bien, dis que tu me suivras !
Oh ! qu'il me serait doux de fuir entre tes bras !
HYLAS
Briséïs, je te garderai !
Dans un val de rosiers paré Ou sur l'écueil hostile aux voiles, Fiers de l'exil et des affronts, Briséïs, nous nous aimerons Seuls, sous les étoiles !
Dis que tu le veux bien, dis que tu me suivras !
Oh ! qu'il me serait doux de dormir dans tes bras !