ACOMAT, OS MIN, KOXANE
A C o m A T , à Roxane,
faites-vous , Madame ? F.n quels rerardemens D’un jour si précieux perdez-vous les momens? Bysance , par mes soins presqu’entiere assemblée, Interroge ses Chefs , de leur crainte troublée»
Et tous , pour s’expliquer ainsi que mes amis. Attendent le signal que vous m’aviez promis.
D’où vient que sans répondre à leur impatience , le c étail , cependant, garde un triste silence?
Déc arez-vous. Madame, et, sans plus différer....
R o x a N E , l'interrompant.
Oui , vous serez content; je vais me déclarer.
Madame , quel regard et quelle voix sévere.
Malgré votre discours, m’assure du contraire? Quoiî déjà votre amour des obstacles vaincu....
K o X a N E , l'interrompant.
Bajazet est un traître, et n’a que trop vécu!
Lui ?
Pour moi , pour vous-même également perfide.
Il nous trompoit tous deux.
Comment ?
Cette Atalide,
Qui même n’étoit pas un assez digne prix De tout ce que pour lui vous avez entrepris...
A C o m a t , l'interrompant.
Hé bien ?
R o X A N E , lui donnant la lettre de Bajazet.
( Acomat lit , bas. ) ( Après qu' Acomat a lu. ) I.isez.... Jugez, après cette insolence.
Si nous devons d’un traître embrasser la défense! Obéissons plutôt à la juste rigueur D’Amurat, qui s’approche et retourne vainqueur; Et, livrant» sans regret, un indigne complice. Apaisons le Sultan par un prompt sacrifice
Acomat, lui rendant la lettre de Bajazet.
Oui, puisque jusques-là l’ingrat m’ose outrager , Moi- meme , s’il le faut , je m’offre à vous venger , Madame. Laissez-moi nous laver l’un et l’autre
Du crime que sa vie a jette sur la nôtre.
Montrcz-moi le chemin ; j’y cours.
Non , Acomati
Laisscz-moi le plaisir de confondre l’ingrat.
Je veux voir son désordre et jouir de sa honte.
Je perdrois ma vengeance en la rendant si prompte. Je vais tout préparer. Vous, cependant , allez Disperser promptement vos amis assemblés.
( Elle sort. )