OSMIN
Eh ! laissez-les entr’eux exercer leur courroux.
Bajazet veut périt, Seigneur, songez à vous.
Qui peut de vos desseins révéler le mystère ,
Si-non quelques amis , engagés à se taire ?
Vous verrez par sa mort le Sultan adouci.
P.oxanc, en sa fureur, peut raisonner ainsi;
Mais moi, qui vois plus loin, qui , par un long usage. Des maximes du trône ai fait l’apprentissage ,
Qui . d’emplois en emplois, vieilli sous trois Sultans,
Ai vu de mes pareils les malheurs éclatans ,
Je sais , sans me flatter , que de sa seule audace Un homme , tel que moi , doit attendre sa grâce.
Et qu’une mort sanglante est l’unique traité Qui reste entre l’esclave et le maître irrité.
*0 BAJAZET
Fuyez donc.
J’approuvois tantôt cette pensée*
Mon entreprise alors étoit moins avancée ;
Mais il m’est désormais trop dur de reculer, l’ar une belle chûte il faut me signaler ,
Et laisser un débris, du moins, après ma fuite.
Qui de mes ennemis retarde la poursuite.
Bajazet vit encor : pourquoi nous étonner ?
Acomat de plus loin a su le ramener.
Sauvons-le, malgré lui, de ce péri! extrême.
Four nous , pour nos amis , pour Roxanc cl!e-mcme. Tu vois combien son cœur , prêt à le protéger ,
A retenu mon bras trop prompt à la venger.
Je connois peu l’amour ; mais j’ose te répondre Qu’il n’csr pas condamné, puisqu’on veut le confondrCi Que nous avons du rems Malgré son désespoir , Roxanc l’aime encore , Osmin , et le va voir.
Enfin , qui vous inspire une si noble audace ?
Si Roxanc l’ordonne , il faut quitter la place.
Ce Palais est tout plein..,.
Acomat, l’interrompant.
Oui, d’esclaves obscurs, Nourris , loin de la guerre , à l’ombre de ses murs Mais toi, dont la valeur d'Amurat oubliée Far de communs chagrins à mon sort s’est liée , Voudras-tu jusqu’au bout seconder mes fureurs 5
Seigneur, vous m’offensez ! Si vous mourex , je meurs.
D’amis et de soldats une troupe hardie Aux portes du Palais attend notre sortie.
La Sultane , d’ailleurs , se fie à mes discours.
Nourri dans le Sdrail , j’en connois les détours.
Te sais de Bajazet l’ordinaire demeure.
Ne tardons plus : marchons ; et , s’il faut que je meure
Mourons , moi , cher Osmin, comme un Visir , et toi a Comme le favori d’un homme tel que moi.
Fin du quatrième Acte *