‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 107 sur 117 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ATALIDE, seule.

IHIélis ! je cherche en vain; rien ne s’offre à ms vue.

Malheureuse î comment puis-je l’avoir perdue ?

Ciel ! 'aurois-tu permis que mon funeste amour Exposât mon amant tant de fois en un jour ?

Que , pour dernier malheur , cette lettre fatale Eût encor parvenue aux yeux de ma rivale?

J’étois en ce lieu meme , et ma timide main ,

Quand Koxane a paru , l’a cachée en mon sein.

Sa présence a surpris mon amc désolée.

Scs menaces , sa voix , un ordre m’a troublée.

J’ai senti défaillir ma force et mes esprits.

Scs femmes m’entouroient quand je les ai repris.

A mes yeux étonnés leur troupe est disparue....

ÀhJ trop cruelles mains qui m’avez secourue î Vous m’avez vendu cher vos secours inhumains ;

Et , par vous , cette lettre a passé dans ses mains... Quels desseins maintenant occupent sa pensée ?

Sur qui sera d’abord sa vengeance exercée ?

Quel

Quel sang pourra suffire à son ressentiment ?

Ah ! Bajazet est mort , ou meurt en ce moment.... Cependant on m’arrête , on me tient enfermée....

On ouvre.... De son sort je vais ctre informée.

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