‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 22 sur 117 · BRITANNICUS, NARCISSE · texte numérisé non relu

BRITANNICUS, NARCISSE

m’as-tu p *s flatté d’une fausse espérance?

Puis-je sur ton récit fonder quelque assurance,

Narcisse.

Oui..., Mais , Seigneur , ce n’est pas en ces lieux

Qu’il faut développer ce mystère à vos yeux.

Sortons. Qu’attendcx-vous?

Ce que j’attends , Narcisse ?

Hélas i

Narcisse.

Expliquez-vous ?

Si, par ton artifice ,

Je pouvois revoir...

Narcisse, l ' interrompant .

Qui?

Britannicu s.

J’en rougis.... mais, enfin»

D’un cœur moins agité j’attendrois mon destin.

Après tous mes discours vous la croyez fidclle? Britannicus.

Non, je la crois, Narcisse, ingrate, criminel 1 ©,

Digne de mon courroux i mais je sens , malgré moi, Que je ne le crois pas autant que je le doi.

Dans ses égaremens mon cœur opiniâtre Lui prête des raisons , l’excuse , l’idolâtre.

Je voudrois vaincre enfin mon incrédulité:

Je la voudrois haïr avec tranquillité.

Iih ! qui croira qu’un cœur , si grand , en apparence» D’une infidelle Cour ennemi . dès l’cnfancc ,

Renonce à tant de gloire , et , dès le premier jour» Trame une perfidie inouic à 1a Cour?

Narcisse.

Ih ! qui sait si l'ingrate , en sa longue retraite»

N’a point de l’Empereur médité la défaite?

Trop sûre que ses yeux ne pouvoient sc cacher. Peut-être elle fuyoit pour sc faire chercher.

Pour exciter Néron par la gloire pénible De vaincre une fierté, jusqu’alors invincible.

Je ne la puis donc voir?

Narcisse.

Seigneur, en ce moment.

Elle reçoit les voeux de son nouvel amant.

Eh! bien, Narcisse, allons,... Mais, que vois-je? c’est elle.

Narcisse, à part.

Ah ! Dieux ! à l’Empereur portons cette nouvelle.

( Il sort. )

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