‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 21 sur 117 · BRITANNICUS, NARCISSE, AGRIPPINE* ALBINE · texte numérisé non relu

BRITANNICUS, NARCISSE, AGRIPPINE* ALBINE

BRITANNICUS, à Agrippine.

^Jos ennemis communs ne sont pas invincibles , Madame; nos malheurs trouvent des cceurs sensibles t Vos amis et les miens , jusqu’alors si secrets.

Tandis que nous perdions le tems en vains regrets » Animés du courroux qu’allume l’injustice,

Viennent de confier leur douleur à Narcisse.

Néron n’est pas encor tranquille possesseur De l’ingrate qu’il aime au mépris de ma sœur.

Si vous ctes toujours sensible à son injure,

On peut dans son devoir ramener le parjure.

La moitié du Sénat s’intéresse pour nous,

Sylla, Pison , Plautus,...

Agrippine, l'interrompant.

Prince, que dites- vous?

Sylla , Pison , Plautus , les chefs de la noblesse! BRITANNICUS.

Madame , je vois bien que ce discours vous blesse *

Et que votre courroux , tremblant, irrésolu.

Craint déjà d’obtenir tout ce qu’il a voulu.

Non , vous avez trop bien établi ma disgrâce;

D’aucun ami pour moi ne redoutei l’audace;

TRAGÉDIE. 4f

v ne m’cn reste plus; et vos soins trop prudens Les ont tous écartés , ou séduits, dès long-tems.

Agrippine.

Seigneur , à vos soupçons donnez moins de créance} Votre salut dépend de notre intelligence.

J’ai promis: il suffit. Malgré vos ennemis,

3e ne révoque rien de ce que j’at promis.

Le coupable Néron fuit en vain ma coiere.

Tôt ou tard il faudra qu’il entende sa mere.

J’essaîrai , tour à-tour, la force et la douceur ;

Ou, moi-même , avec moi conduisant votre sœur, J’irai semer par-tout ma crainte er ses alarmes,

£t ranger tous les cœurs du parti de ses larmes.

Adieu. J’assiégciai Néron de toutes parts.

Vous , si vous m’en croyez , évitez ses regards.

I Elle sort , avec Albine. )

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