‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 25 sur 117 · NÉRON · texte numérisé non relu

NÉRON

Ainsi par le destin nos vcrux sont traversés i J’obéissois alors , et vous obéissez.

Si vous n’avez appris à vous laisser conduire.

Vous êtes jeune encore, et l’on peut vous instruire.

Et qui m’en instruira!

Tout l'Empire à la fois,

Rome..,.

Britannicus, l ' interrompant .

Rome met-elle au nombre de vos droits Tout ce qu’a de cruel l’injustice et la foicc.

Les emprisonnemens , le rapt et le divorce - ?

Néron.

Rome ne porte point scs regards curieux Jusques dans des secrets que je cache à ses yeux. Imitez son respect.

On sait ce qu’elie en pense.

Néron.

Elle se tait, du moins. Imitez son silence.

Ainsi, Néron commence à ne sc plus forcer?

Néron.

Néron de vos discours commence à se lasser.

Chacun devoit bénir le bonheur de son régné!

Néron.

Heureux ou malheureux, il suffit qu’on me craigne.

TRAGÉDIE. h

Je connois mal Junie , ou de tels sentimens Ne mériteront pas ses app!audissemcns !

Néron.

Du moins , si je ne sais le secret de lui plaire ,

Je sais l’art de punir un rival téméraire 1 Britannicus.

Pour moi , quelque péril qui me puisse accabler.

Sa seule inimitié peut me faire trembler.

Néron.

Souhaitez-là !... C’est tout ce que je vous puis dire. Britannicu s.

le bonheur de lui plaire est le seul où j’aspire!

Néron.

Bile vous l’a promis , vous lui plairez toujours. t Britannicus.

Je ne sais pas, du moins, épier ses discours.

Je la laisse expliquer sur tout ce qui me touche.

Et ne me cache point pour lui fermer la bouche.

Néron.

( Aux Gardes. )

Je vous entends.... Hé bien, Gardes!

* Que faites- vous?

C’est votre frere !... Hélas ! c’est un amant jaloux ! Seigneur, mille malheurs persécutent sa vie:

Ah ! son bonheur peut-il exciter votre envie? Souffrez que, de vos cœurs rapprochant les liens,

Je me cache à vos yeux et me dérobe aux siens.

Ala fuite arrêtera vos discordes fatales.

E iij

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