SCENE PREMIERE
ÏRIIASHICUS, JVNIE.
Britaknicus.
O ui. Madame, Néron.... qui l’auroit pu penser! Dans son appartement m’attend pour m’embrasser.
11 y fait de sa Cour inviter la jeunesse.
Il veut que d’un festin la pompe et l’alégressc Confirment à leurs yeux la foi de nos sermons.
Et réchauffent l’ardeur de nos embrassemens.
Il éteint cet amour, source de tant de haines Il vous fait de mon sort arbitre souveraine. * Pour moi , quoique banni du rang de mes ayeux. Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux. Depuis qu’à mon amour cessant d’etre contraire,
11 semble me céder la gloire de vous plaire ,
Mon cœur, je l’avoûrai , lui pardonne, en secret,
Et lui laisse le reste avec moins de regret. ...
Quoi 1 je ne serai plus sépare de vos charmes !
Quoi ! même en ce moment , je puis voir, sans alarmas, Ces yeux , que n’ont émus ni soupirs, ni terreur,
Qui m’ont sacrifié l’Empire et l’Empereur ?
Ah! Madame.... Mais, quoi! quelle nouvelle crainte Tient , parmi mes transports , votre joie en contrainte ?
©’où vient qu’en m’écoutant vos yeux , vos tristes
yeux
Avec de longs regards se tournent vers les Cieux ?
Qu'cst-ce que vous craigne7 ?
Je l’ignore moi-meme i
Mais je crains.
Vous m’aimez ?
Hélas ! si je vous aime
Néron ne trouble plus notre félicité.
Mais, me répondez-vous de sa sincérité?
Quoi! vous le soupçonnez d’une haine couverte?