‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 35 sur 117 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ÏRIIASHICUS, JVNIE.

Britaknicus.

O ui. Madame, Néron.... qui l’auroit pu penser! Dans son appartement m’attend pour m’embrasser.

11 y fait de sa Cour inviter la jeunesse.

Il veut que d’un festin la pompe et l’alégressc Confirment à leurs yeux la foi de nos sermons.

Et réchauffent l’ardeur de nos embrassemens.

Il éteint cet amour, source de tant de haines Il vous fait de mon sort arbitre souveraine. * Pour moi , quoique banni du rang de mes ayeux. Quoique de leur dépouille il se pare à mes yeux. Depuis qu’à mon amour cessant d’etre contraire,

11 semble me céder la gloire de vous plaire ,

Mon cœur, je l’avoûrai , lui pardonne, en secret,

Et lui laisse le reste avec moins de regret. ...

Quoi 1 je ne serai plus sépare de vos charmes !

Quoi ! même en ce moment , je puis voir, sans alarmas, Ces yeux , que n’ont émus ni soupirs, ni terreur,

Qui m’ont sacrifié l’Empire et l’Empereur ?

Ah! Madame.... Mais, quoi! quelle nouvelle crainte Tient , parmi mes transports , votre joie en contrainte ?

©’où vient qu’en m’écoutant vos yeux , vos tristes

yeux

Avec de longs regards se tournent vers les Cieux ?

Qu'cst-ce que vous craigne7 ?

Je l’ignore moi-meme i

Mais je crains.

Vous m’aimez ?

Hélas ! si je vous aime

Néron ne trouble plus notre félicité.

Mais, me répondez-vous de sa sincérité?

Quoi! vous le soupçonnez d’une haine couverte?

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