AGRIPPINE, BURRHUS
Agrippine.
^^uel attentat, Burrhus!
Burrhus.
Je n’y pourrai survivre»
Madame; il faut quitter la Cour et l'Empereur. Agrippine.
Quoi ! du sang de son frère il n’a point eu d’horreur?
Burrhus.
Ce dessein s’est conduit avec plus de mystère.
A peine l’Empereur a vu venir son frère,
Il se levé , il l’embrasse : on se taît , et soudain César prend le premier une coupe à la main, et Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,
» Ma main de cette coupe épanche les prémices,
» Dit-il. Dieux! que j’appelle à cette effusion,
» Venez favoriser notre réunion !... «
Par les memes sermens Britannicus sc lie.
la coupe , dans ses mains par Narcisse est remplie; Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords, le fer ne produit point de si puissans efforts.
Madame; la lumière à ses yeux est ravie:
Il tombe sut son lit, sans chaleur et sans vie.
Jugez combien ce coup frappe tous les esprits.
g» BRITANNICUS,
La moitié s’épouvante et sort avec des cris;
Mais ceux qui de la Cour ont un plus long usage Sur les yeux de César composent leur visage.
Cependant , sur son lit il demeure penché :
D’aucun étonnement il ne paroît touché.
s> Ce mal dont vous craignez, dit-il, la violence s> A souvent , sans péril , attaqué son enfance.... t> Narcisse veut en vain affecter quelque ennui.
Et sa perfide joie éclate, malgré lui....
Pour moi , dût l’Empereur punir ma hardiesse, D’une odieuse Cour j’ai traversé la presse }
Et j’allois , accablé de cet assassinat ,
Pleurer Britannicus , César cl tout l’Etat.
Agrippine.
Le voici.... Vous verrez si c’est moi qui l’inspire.