‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 40 sur 117 · AGRIPPINE, BURRHUS · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, BURRHUS

Agrippine.

^^uel attentat, Burrhus!

Burrhus.

Je n’y pourrai survivre»

Madame; il faut quitter la Cour et l'Empereur. Agrippine.

Quoi ! du sang de son frère il n’a point eu d’horreur?

Burrhus.

Ce dessein s’est conduit avec plus de mystère.

A peine l’Empereur a vu venir son frère,

Il se levé , il l’embrasse : on se taît , et soudain César prend le premier une coupe à la main, et Pour achever ce jour sous de meilleurs auspices,

» Ma main de cette coupe épanche les prémices,

» Dit-il. Dieux! que j’appelle à cette effusion,

» Venez favoriser notre réunion !... «

Par les memes sermens Britannicus sc lie.

la coupe , dans ses mains par Narcisse est remplie; Mais ses lèvres à peine en ont touché les bords, le fer ne produit point de si puissans efforts.

Madame; la lumière à ses yeux est ravie:

Il tombe sut son lit, sans chaleur et sans vie.

Jugez combien ce coup frappe tous les esprits.

g» BRITANNICUS,

La moitié s’épouvante et sort avec des cris;

Mais ceux qui de la Cour ont un plus long usage Sur les yeux de César composent leur visage.

Cependant , sur son lit il demeure penché :

D’aucun étonnement il ne paroît touché.

s> Ce mal dont vous craignez, dit-il, la violence s> A souvent , sans péril , attaqué son enfance.... t> Narcisse veut en vain affecter quelque ennui.

Et sa perfide joie éclate, malgré lui....

Pour moi , dût l’Empereur punir ma hardiesse, D’une odieuse Cour j’ai traversé la presse }

Et j’allois , accablé de cet assassinat ,

Pleurer Britannicus , César cl tout l’Etat.

Agrippine.

Le voici.... Vous verrez si c’est moi qui l’inspire.

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