AGRIPPINE, B U R R H U S
Agrippine.
A h ! Ciel , de mes soupçons quelle étoit l’injustice!
Je condamnois Burrhus pour écouter Narcisse!... Burrhus , avez- vous vu quels regards furieux Néron , en me quittant , m’a laissé pour adieux?
C’en est fait. Le cruel n’a plus rien qui l’arrête;
Le coup qu’on m’a prédit va tomber sur ma tête:
Il vous accablera , vous-même , à votre tour.
Burrhus.
Ah ! Madame , pour moi, j’ai vécu trop d’un jour. Plût au Ciel que sa main , heureusement cruelle.
Eût fait sur moi l’essai de sa fureur nouvelle !
Qu’il ne m’eût pas donné , par ce triste attentat.
Un gage trop certain des malheurs de l’Etat!
Son crime seul n’est pas ce qui me désespéré :
Sa jalousie a pu l’armer contre son frere ;
Mais , s’il vous faut. Madame, expliquer ma douleur, Néron l’a vu mourir sans changer de couleur.
Scs yeux indiflfétens ont déjà la constance D’un Tyran , dans le crime endurci , dès l’enfance. Qu’il achevé , Madame , et qu’il fasse périr Un ministre importun qui ne le peut souffrir.
Kéias! loin de vouloir éviter sa colère, la plus soudaine mort me sera la plus chere!