‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 42 sur 117 · AGRIPPINE, B U R R H U S · texte numérisé non relu

AGRIPPINE, B U R R H U S

Agrippine.

A h ! Ciel , de mes soupçons quelle étoit l’injustice!

Je condamnois Burrhus pour écouter Narcisse!... Burrhus , avez- vous vu quels regards furieux Néron , en me quittant , m’a laissé pour adieux?

C’en est fait. Le cruel n’a plus rien qui l’arrête;

Le coup qu’on m’a prédit va tomber sur ma tête:

Il vous accablera , vous-même , à votre tour.

Burrhus.

Ah ! Madame , pour moi, j’ai vécu trop d’un jour. Plût au Ciel que sa main , heureusement cruelle.

Eût fait sur moi l’essai de sa fureur nouvelle !

Qu’il ne m’eût pas donné , par ce triste attentat.

Un gage trop certain des malheurs de l’Etat!

Son crime seul n’est pas ce qui me désespéré :

Sa jalousie a pu l’armer contre son frere ;

Mais , s’il vous faut. Madame, expliquer ma douleur, Néron l’a vu mourir sans changer de couleur.

Scs yeux indiflfétens ont déjà la constance D’un Tyran , dans le crime endurci , dès l’enfance. Qu’il achevé , Madame , et qu’il fasse périr Un ministre importun qui ne le peut souffrir.

Kéias! loin de vouloir éviter sa colère, la plus soudaine mort me sera la plus chere!

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