A MONSEIGNEUR
Secrétaire d’État , Contrôleur - Général des Finances , Surintendant des Bâtimens , Grand Trésorier des Ordres du Roi > Marquis de Seignclay , &c.
Monseigneur,
Quelque juste défiance que j'aie de moi même et de mes Ouvrages , j o.se esperer que vous ne condamnerez pas la liberté que je
prends de vous dédier cette Tragédie . V^ous
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ne l'ave^ pas jugée tout-a-fait indigne de •votre approbation ; mais ce qui fait son plus grand mérite auprès de vous 3 c’est , Monseigneur , que vous avez été témoin du bonheur qu elle a eu de ne pas déplaire a Sa Majesté.
■ U on sait que les moindres choses vous deviennent considérables 3 pour peu qu elles puissent servir ou a sa gloire ou. a son plaisir ; et c'est ce qui fait qu'au milieu de tant d importantes occupations 3 ou le ^ele de votre P rince et le bien public vous tiennent continuellement attaché 3 vous ne dédaigne ç pas quelquefois de descendre jusqu’il nous 9 pour nous demander compte de notre loisir.
J'aurois ici une belle occasion de m étendre sur vos louanges 3 si vous me permettiez de vous louer y et que ne diroisje point de tant de rares qualités qui vous ont attiré l'admiration de toute la France ; de cette pénétration à laquelle rien n échappe ; de cet esprit vaste , qui embrasse 9 qui exécute tout-à-la-
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fois tant de grandes choses ; de cette ame que rien n étonne , que rien ne fatigue l
Mais , Monseigneur , il faut être plus retenu a vous parler de vous-même j et je craindrois de m exposer 3 par un éloge importun y a vous faire repentir de l'attention favorable dont vous m'aveç honoré . Il vaut mieux que je songe a la mériter par quelque nouvel Ouvrage : aussi-bien 3 c'est le plus agréable remercîment qu'on vous puisse faire.
Je suis x avec un profond respect