‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 63 sur 117 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

ANTIOCHUS, ARSACI.

ANTIOCHUS, à part.

E me trompai-ie point ? l’ai je bien entendue ?

Que je me garde , moi , de paroître à sa vue Je m’en garderai bien.... Et! ne partois-je pas,

Si Titus, malgré moi , n’eût arrêté mes pas?

( A Arsace. )

Sans doute, il faut partir.... Continuons, Arsace.

Elle croit m’affiiger : sa haine me fait grâce.

Tu me voyois tantôt inquiet f égaré :

Je partois amoureux , jaloux , désespéré;

Et maintenant , Arsace , après cette défense ,

Je partirai, peut-être, avec indifférence.

Arsace.

Moins que jamais , Seigneur , il vous faut éloigner. Antiociius.

Moi , je demeurerai pour me voir dédaigner !

E ij

Des froideurs de Titus je serai responsable !

Je me verrai puni , parce qu’il est coupable!..*

Avec quelle injustice et quelle indignité Elle doute, à mes yeux , de ma sincérité!

Titus l’aime , dit-elle, et moi je l’ai trahie.

L’ingrate ! m’accuser de cette perfidie !

Et dans quel tems encor ? Hans le moment fatal Que j’étale à ses yeux les pleurs de mon rival ,

Que, pour la consoler, je le faïsois paroître Amoureux et constant , plus qu’il ne l’est, peut-être.

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