‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 80 sur 117 · A C O M AT · texte numérisé non relu

A C O M AT

Ils l’ignorent encore » et, jusques à ce jour,

Atalidc a prêté son nom à cet amour.

Du pere d’Amurat, Atalidc est la niccc ,

. Et mémo avec ses fils partageant sa tendresse»

Elle a vu son enfance élevée avec eux.

BAJAZET

Du Prince, en apparence, elle reçoit les vœux ;

Mais elle les reçoit pour les rendre à Roxanc ,

Et veut bien sous son nom qu’il aime la Sultane. Cependant , cher Osmin , pour s’appuyer de moi , L’un et l’autre ont promis Atalide à ma foi.

Osmin.

Quoi ! vous l’aimez , Seigneur ?

Voudrois-tu qu’à mon âge Je fisse de l’amour le vil apprentissage?

Qu’un cœur qu’ont endurci la fatigue et les ans > Suivît d’un vain plaisir les conseils imprudens i C’est par d’autres attraits qu’elle plaît à ma vue. J’aime en elle le sang dont elle est descendue.

Par elle Bajazet, en m’approchant de lui.

Me va , contre lui-meme , assurer un appui.

Un Visir aux Sultans fait toujours quelque ombrage t A peine ils l’ont choisi qu’ils craignent leur ouvrage.

Sa dépouille est un bien qu’ils veulent recueillir ,

Et jamais leurs chagrins ne nous laissent vieillir, Eajazet aujourd’hui m’honore et me caresse i Ses périls, tous les jours, réveillent sa tendresse.

Ce meme Bajazet, sur le trône affermi,

Méconnoîtra peut-être un inutile ami >

Et moi,’ si mon devoir, si ma foi ne l’arrête,

S’il ose quelque jour me demander ma tête....

Je ne m’explique point , Osmin 5 mais je prétends Que, du moins, il faudra la demander long-tems.

Je sais rendre aux Sultans de fidèles services;

Mais je laisse au vulgaitç adorer leurs caprices »

TRAGÉDIE. ii

Et ne me pique point du scrupule insensé De bénir mon trépas , quand ils l’ont prononcé. Voilà donc de ces lieux ce qui m’ouvre l’entrée.

Et comme enfin Roxane à mes yeux s’est montrée. Invisible d’abord elle entendoie ma voix ,

Et craignoit du Sérail les rigoureuses loix ;

Mais enfin, bannissant cetrc importune crainte Qui dans nos entretiens jettott trop de contrainte , Elle-même a choisi cet endroit écarté ,

Où nos coeurs à nos yeux parlent en liberté.

Pat un chemin obscur un esclave me guide ,

Et... Mais on vient... C’est elle, et sa chcrc Atalide. Demeure ; et , s’il le faut , sois prêt à confirmer Le récit important dont je vais l’informer.

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