‹ Britannicus, tragedie de RacineChapitre 99 sur 117 · SCENE PREMIERE · texte numérisé non relu

SCENE PREMIERE

ATALIDE„ZAYRE.

Atalidi,

.À H ! sais-tu mes frayeurs ? Sais-tu que dans ccs lieux J’ai vu du fier Orcan le visage odieux ?

En ce moment fatal que je crains sa venue !

Que je crains.... Mais, dis-moi , Bajazct t’a-t-il vue h Qu’art-il dit ? Se rend-il , Zaïre , à mes raisons ? Ira-t-il voir Roxane et calmer scs soupçons ?

11 ne peut plus la voir sans qu’elle le commande*. Roxane ainsi l’ordonne : elle veut qu’il l’attende.

Sans donte , à cet esclave elle veut le cacher, j’ai feint, en le voyant, de ne le point chercher; J’ai rendu votre lettre , et j’ai pris sa réponse.

{ Elle lui donne une ‘lettre. )

Madame, vous verrez ce qu’elle vous annonce»

A T A L I D E , Usant, e« Après tant d’injustes détours ,

5 > Faut-il qu’à feindre encor votre amour me convie ? a> Mais je veux bien prendre soin d’une vie » Dont vous jurez que dépendent vos jpurs.

« Je verrai la Sultane ; et , pat ma complaisance , w Par de nouveaux sermons de ma reconnoissance ,

« J’apaiserai , si je puis, son courroux.

y> N’exigez rien de plus. Ni la mort , ni vous-meme 9 » Ne me ferez jamais prononcer que je l’aime , «Puisque jamais je n’aimerai que vous!*»

{ A part j apres avoir lu. )

Hélas! que me dit-il? Croit-il que je l’ignore?

Ne sais-je pas assez qu’il m’aime , qu’il m'adore ? Est-ce ainsi qu’à mes vœux il sait s’accommoder ? C’est Roxanc, et non moi, qu’il faut persuader.

De quelle crainte encor me laisse-t-il saisie?

Funeste aveuglement! perfide jalousie!

Récit menteur! soupçons que je n’ai pu céler , Falloit-il vous entendre , ou falloit-il parler ?

C’étoit fait , mon bonheur surpassoit mon attente. J’étois aimée, heureuse, et Roxane contente....

( A Zaïre. )

Zaïre, s’il se peut, retourne sur tes pas....

Qu’il l’apaise. Ces mots ne me suffisent pas.

Que sa bouche, ses yeux , tout l’assure qu’il l’aime, Qu’elle le croie , enfin... Que ne puis-je, moi -même , Échauffant par mes pleurs ses soins trop languissans , Mettre dans ses discours tout l’amour que je sens !..., Mais à d’autres périls je crains de le commettre !

Roxane vient à vous.

Atalidi.

Ah ! cachons cette lettre.

Elle cache la hure de Bajaret dans son sein, )

ST

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