‹ Britannicus, tragédie. Avec commentaires choisis des meilleurs commentateurs français. Augmentés de remarquesChapitre 27 sur 87 · NÉRON, JUNIE · texte numérisé non relu

NÉRON, JUNIE

NÉRON

Vous vous troublez, madame, et changez de visage!

Lisez-vous dans mes yeux quelque triste présage?

JUNIE

Seigneur, je ne vous puis déguiser mon erreur;

J’allais voir Octavie, et non pas l’empereur 2).

s’accoutume aux mots qu’on dit souvent. Corneille a aussi écrit dans la suite du Menteur , vous vous entre- entendez, ce qu’on ne peut prononcer que difficilement.

*) Cette nouvelle menace, dont la scène suivante donne l’explication, nous rappelle ce vers terrible de la première scène de cet acte : Néron impunément ne sera pas jaloux. La jalousie d’un rival tel que Néron est un très-grand danger pour l’amour de Britannicus et de Junie, auquel l’intérêt de la pièce est attaché, et cet intérêt, grâce a l’art du poète, va toujours en croissant dès le premier acte où la curiosité du spectateur a été excitée, et où le poète a présenté des germes d’intérêt dont on attend le développement, suivant les préceptes de l’art tragique, qui accorde le premier acte aux préparations nécessaires, et la suite à la marche de l’action.

2) Il n’était pas naturel que Junie vînt d’elle-même trouver Néron, et il l’était au contraire qu’elle se rendît auprès d’Octavie. La manière dont elle rencontre Néron, est fort bien imaginée. L. R. observe à ce sujet, que les personnages de Racine

Page 1