NERON, BURRHUS
BURHHUS.
Pallas obéira, seigneur2).
NÉ R O Ni
Et de quel œil
Ma mère a-t-elle vu confondre son orgueil?
BÜRRHÜS.
Ne doutez point, seigneur, que ce coup ne la frappe, Qu’en reproches bientôt sa douleur ne s’échappe.
Ses transports dès longtemps commencent d’éclater3);
1) Racine a supprimé, au commencement de cet acte, une scène entière, dont Burrhus et Narcisse étaient les interlocuteurs. Ce fut Boileau qui engagea son ami à sacrifier cette scène qu’il jugea inutile; mais elle est si bien écrite que nous avons cru obliger nos lecteurs, en l’ajoutant telle que nous la trouvons dans les éditions de L. d. J3. et de L . H. ,* mais pour ne point interrompre le texte tel que le poète l’a voulu, nous l’avons remise dans un appendice.
2) Burrhus, qui au commencement du second acte a été
chargé de porter à Pallas l’ordre de son exil, revient instruire Néron du succès de sa commission. L’exil de Pallas irritera davantage Agrippine contre Burrhus et Néron; et Néron ayant surpris Britannicus aux genoux de Junie, va faire arrêter les deux amants et sa mère: ainsi le trouble de la pièce ira
toujours en croissant L. R.
3) Sa douleur ne s'échappe, dans le vers précédent, fait figure, car le sens de ce verbe réfléchi indique que sa douleur depuis
A d’inutiles cris puissent-ils s’arrêter1)!
NÉRON
Quoi! de quelque dessein la croyez-vous capable?
Agrippine, seigneur, est toujours redoutable:
Rome et tous vos soldats révèrent ses aïeux; Germanicus son père est présent à leurs yeux.
Elle sait son pouvoir; vous savez son courage2); Et ce qui me la fait redouter davantage,
C’est que vous appuyez vous-même son courroux3). Et que vous lui donnez des armes contre vous.
NÉRON
Moi, Burrhus ?