‹ Britannicus, tragédie. Avec commentaires choisis des meilleurs commentateurs français. Augmentés de remarquesChapitre 74 sur 87 · BRITANNICUS, JUNIE · texte numérisé non relu

BRITANNICUS, JUNIE

Oui, madame, Néron (qui l’aurait pu penser?)

Dans son appartement m’attend pour m’embrasser.

decemjugem ... A son retour de la Grèce il entra dans Rome en triomphateur prœeunte pompa cum titulis , ubi , et quos , quo cantionum quove fabularum argumento vicisset . . . non dubitavit etiam privatis spectaculis operam inter scenicos dare . . . tragœdias quoque cantavit personatus , etc . etc.

1) L . H. rapporte dans les Mémoires sur la vie de Racine, que ces vers firent une grande impression sur Louis XIV, qui dans sa jeunesse dansait quelquefois en public.

2) Si la scène précédente est le chef-d’œuvre de l’éloquence d’un homme vertueux, dit L . d. J5., celle-ci est le chef-d’œuvre de la fourberie d’un scélérat. — Néron sort pour aller délibérer : s’il sortait déterminé, l’action serait finie. Le spectateur prévoit quelle sera la décision d’un conseil tenu avec Narcisse; cependant il reste dans l’incertitude jusqu’à la quatrième scène de l’acte suivant. La délibération de Néron, et les apprêts du festin se passent pendant l’intervalle de cet acte au suivant.

3) Néron a dit à Burrhus, Dans mon appartement qu'il m'ai -

Br i tannicu s,

Il y fait de sa cour inviter la jeunesse;

Il veut que d’un festin la pompe et l’allégresse Confirment à leurs yeux la foi de nos serments,

Et réchauffent l’ardeur de nos embrassements.

Il éteint cet amour, source de tant de haine;

Il vous fait de mon sort arbitre souveraine.

Pour moi, quoique banni du rang de mes aïeux1), Quoique de leur dépouillé il se pare à mes yeux ; Depuis qu’à mon amour cessant d’être contraire,

Il semble me céder la gloire de vous plaire.

Mon cœur, je l’avoûrai, lui pardonne en secret,

Et lui laisse le reste avec moins de regret.

Quoi! je ne serai plus séparé de vos charmes!

Quoi! même en ce moment, je puis voir sans alarmes Ces yeux que n’ont émus ni soupirs ni terreur,

Qui m’ont sacrifié l’empire et l’empereur 2) !

Ab, madame!... Mais quoi? Quelle nouvelle crainte Tient parmi mes transports votre joie en contrainte ? D’ou vient qu’en in’écoutant vos yeux, vos tristes yeux, Avec de longs regards se tournent vers les 'deux? Qu’est-ce que vous craignez?

J UNIE

Je l’ignore moi- même ;

Mais je crains.

tende avec vous : Britannicus vient pour se rendre dans l’appartement de Néron, où on lui a dit qu’on préparait le festin de la réconciliation. Sa mère et Junie l’accompagnent jusqu 'à la porte de cet appartement: ils ont la liberté de se voir depuis que la paix est annoncée. L. R.

1) Remarquez bien la différence entre la déclaration d’amour, que Néron faisait à cette même Junie, et celle que Britannicus lui fait : c’est ainsi que la sincérité diffère de la passion d’un tyran.

2) Sacrifier , dans le sens figuré de se priver de quelque chose pour Humour de quelqu’un , y renoncer en sa considération , était alors nouveau, et a été adopté par l’usage.

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