C'EST A NOUS DE NOUS DEFEN- DRE
Non, messieurs, si nous voulons que le pacte fédéral soit respecté, c'est à nous, les pionniers du sol, c'est à nous, les représentants de la minorité, de faire la lutte, toujours, quand même, partout, pour le maintien de nos droits, pour le maintien des droits de la minorité. ( Applaudissements ) Et cette lutte, ce n'est pas en invoquant l'autorité de l'Eglise, ni en faisant appel à la voix du sang, que nous devons la poursuivre, mais au nom et avec la force de nos droits de citoyens britanniques, de contribuables de notre pays. Nous versons nos impôts dans le trésor fédéral. L'argent n'a ni langue ni religion aux yeux des percepteurs du revenu fédéral. Nous avons donc le droit de demander justice égale pour tous, pour les minorités futures et pour les minorités présentes, aussi bien que pour les associés de la compagnie de la Baie d'Hudson ou les
actionnaires du Pacifique Canadien. ( Applaudissements. )
La confédération est une belle œuvre; je ne la maudis ni dans sa conception ni dans son fonctionnement. Mais j'ajoute ce soir, en pesant bien mes paroles et en les adressant aux représentants de toutes les provinces et de toutes les races : Si la constitution canadienne doit durer, si la confédération canadienne doit être maintenue, il faut que ia mentalité étroite qui se manifeste de plus en plus dans les provinces anglaises à l'endroit des minorités, disparaisse et qu'on revienne à l'esprit initial de l'alliance. (Vifs applaudissements ) .
Dé; à, dans l'Ouest, non pas à cause de questions de langue ou de liberté morale, mais parce que le blé ne peut trouver assez rapidement la route de la mer, des voix s'élèvent dans la législature du Manitoba, dans les associations d'agriculteurs de l'Alberta et de la Saskatchewan pour dire : Rompons la confédération !