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LE VOEU DU 29 MARS

Le 29 mars dernier, M. Foster formulait une proposition — qu9 je pourrais appeler, "nationaliste", — relative à la défense navale. Il proposait l'organisation de la défense de nos côtes. Mais il appuyait cette proposition d'un discours archi-impérialiste. M.

Laurier lui répondait par un discours presque nationaliste, déclarant que le gouvernement n'entendait pas se laisser entraîner dans une panique — "not to be stampeded" — et il terminait son discours par une résolution beaucoup plus impérialiste que celle de M. Foster. Le leader de la gauche, M. Borden, toujours secourable, s'interposait entre les deux ; et de la rencontre de ces trois grands esprits surgissait une troisième résolution encore plus impérialiste que la deuxième (1).

Néanmoins, le 15 novembre, devant le parlement de nouveau réuni, sir Wilfrid Laurier foudroyait M. Monk à cause de son discours de Lachine, et déclarait :

"Que nous ayons cette marine ou non, nous ne perdons pas notre droit au "self-government' ' ; — si nous avons une marine, cette marine n'ira pas en guerre à moins que le PARLEMENT DU CANADA ne décide de l'y envoyer." (2)

De ces paroles a surgi cette légende qui a traîne deux mois durant dans les gazettes ministérielles: le projet du

(1) Pour l'étude comparative de ces textes et du débat du 29 mars 1909, on consultera avec fruit la brochure de M. Olivar Asselin: "La défense navale et l'Empire britannique." 1909.

(2) Traduit du texte anglais des débats, non revisé, 15 novembre 1909, col. 55.

LE PROJET DE LOI NAVALE

gouvernement c'est de créer une marine canadienne, pour la défense du Canada, sous l'autorité du gouvernement canadien.

Et le 5 janvier, parlant à Toronto, à l'inauguration de l'Ontario Club, sir Wilfrid Laurier, qui avait alors dans sa poche le projet de loi que je Viens de vous lire, déclarait que ie

gouvernement ' ferait construire une marine "pour la défense de l'Empire, "dans la proportion où le Canada y "est intéressé ( so far as Canada is concerned), — "une marine canadienne à nous, organisée comme nous la "voulons (in our own way)". (l)

Et six jours plus tard, après un discours de vingt minutes, il introduisait à la Chambre des Communes un projet de loi par lequel il biffait, d'un trait de plume, et l'autonomie du Canada et les droits eu parlement, qu'il avait réservés solennellement dans son discours du 15 novembre.

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