‹ Brochures diverses (volume 2)Chapitre 187 sur 289 · PAS DE MARINE CANADIENNE DEUX ESCADRES ANGLAISES · texte numérisé non relu

PAS DE MARINE CANADIENNE DEUX ESCADRES ANGLAISES

Au lieu d'une marine canadienne, bous l'autorité du gouvernement canadien, pour la défense du Canada, il nous gratifiait de deux escadres, organisées et payées par le peuple du Canada, mises en cas de guerre sous l'autorité exclusive de l'amirauté anglaise, pour prendre part à toutes les guerres de l'Angleterre.

Et, messieurs, ceci ne ressort pas seulement des paroles du premier-ministre — les paroles du premier-ministre sont intéressantes toujours, éloquentes souvent, mais vagues parfois — je vais aller à une source plus certaine ; et si vous voulez voir à quelle fin cette flotte est destinée, ouvrez les pages du rapport de la conférence de juin dernier, à Londres, où nous étions représentés par M. Brodeur et par sir Frederick Borden, et vous lirez ces paroles significatives de M. McKenna, ministre de la Marine, ou, si vous voulez, "First Lord of the Admiralty".

"6. Dans certaines conditions, l'établissement de flottilles de défense locale, consistant en torpilleurs et en sous-marins, pourrait être de quelque aide aux opérations de la flotte en temps de guerre, mais ces flottilles ne peuvent coopérer en pleines uiers aux services plus amples qui consistent à protéger le commerce et à empêcher des attaqies de croiseurs et d'escadres ennemis, lies opérations de contre-torpilleurs et de torpilleurs sont nécessairement limitées aux

(1) Voir le compte-rendu du "Globe" du 6 janvier.

eaux voisines de la côte ou à un rayon -l'action peu éloigné d'une base, en même temp» qu'il y a de grandes difficultés à garnir d'hommes une pareille flottille et à tenir toujours à fond sa suffisance.

' 'De plus, un projet limité à des torpilleurs ne serait pas en lui-même un bon moyen de développer graduellement une flotte indépendante, susceptible à la fois d'offensive et de défensive. A moins qu'une force navale— qusl que soit son volume — ne satisfasse à cette condition, elle ne peut jamais prendre la place qui lui appartient dans l' organisation. d'une marine impériale stratégiquement répartie par toute la sphère d'activité britannique." (1)

Au moins, les hommes d'état britanniques ont conservé la vieille tradition. Ils jouent cartes sur table ; ilsdisent ce qu'ils veulent. Ce que M.

McKenna a demandé au Canada et à l'Australie, ce ne sont pas des flottes côtières, composées de vaisseaux de défense ; mais, au contraire, des flotte© rapides, prêtes à voler sur les mers au premier coup de télégraphe envoyé" d'Angleterre ; et c'est ce que le gouvernement canadien leur accorde.

M. Laurier l 'a reconnu implicitement, ow plutôt il a confirmé les paroles de M. McKenna, lorsqu'en expliquant le projet de loi, il a déclaré que Ton avait adopté le modèle des croiseurs "Bristol", vaisseaux de 25 nœuds à l'heure, et que l'on avait choisi les six contre-torpilleurs, ou "destroyers". d'après un nouveau modèle particulièrement propre à la navigation en hautemer — "on account of their sea-keeping qualities. " (2)

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